CGD, DIAGNOSTIC DE LA CONSTITUTION DU BURKINA FASO 20 APRES.

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Le Centre pour la Gouvernance Démocratique (CGD), a organisé ce samedi 11 juin un dialogue démocratique sous le thème « La constitution burkinabè, 20 après : bilan et perspectives ».

Le présidium du panel sur le Dialogue Démocratique
Le présidium du panel sur le Dialogue Démocratique

 

Cette rencontre a réuni des représentants de partis politiques et des acteurs de la société civile.  Le panel a été présidé par le juriste Luc Marius IBRIGA. De nombreux citoyens burkinabè intéressés par la question ont fait le déplacement.

L’essor du constitutionnalisme en Afrique est contemporain des processus démocratiques amorcés dans les années 90 et qui ont conduit nos pays à l’adoption de constitutions, dans une dynamique de construction d’Etats de droit. L’histoire constitutionnelle burkinabè, avec l’adoption de la constitution actuelle en juin 1991, est tributaire du contexte général et international de ces années. Vingt ans jour pour jour, après la promulgation de la  constitution du Burkina Faso, le Centre pour la Gouvernance Démocratique donne l’occasion aux acteurs politiques, à la société civile et aux citoyens burkinabè de porter un regard critique sur ce texte fondamental, pierre angulaire de notre démocratie.

Dans son exposé introductif, le principal animateur du panel, le professeur Luc Marius IBRIGA, s’est évertué à donner un aperçu historique de la vie constitutionnelle du pays à travers les quatre républiques qu’il a connues. Analysant la constitution de 1991, il a relevé les principales innovations, notamment en matière de droits humains. De plus, ajoutera-t-il, cette constitution offre des possibilités pour la consolidation de notre démocratie.

Néanmoins, reconnait-il, elle contient une ambigüité quant à la nature du régime et a créé un déséquilibre au niveau des pouvoirs, déséquilibre qui se ressent dans la toute puissance du Président du Faso. L’aperçu historique a également fait ressortir les quatre révisions dont a fait l’objet la constitution de la IVème république, révisions qui sont passées par la voie parlementaire, une voie dérogatoire à côté de la voie de principe du référendum.

Ce dialogue démocratique a été également l’occasion pour de nombreux jeunes, d’entendre les témoignages de quelques membres de la commission de rédaction de la constitution du 11 juin. En outre, et pour dresser le bilan des 20 ans de la constitution, représentants de partis politiques et de la société civile se sont exprimés. Pour beaucoup d’intervenants, ce bilan présente de nombreuses insuffisances. Il se justifierait surtout plus par la mauvaise application des textes constitutionnels  et les manipulations dont il est l’objet que par la qualité même de la constitution.

Au menu des perspectives, le constat est que la réflexion est riche au sujet de l’avenir de la démocratie au burkinabè. Il est question notamment de réformes et dans une moindre mesure de changement de république. Les cadres de réflexion ne manquent pas au sujet de ces réformes et, des différentes interventions, un consensus s’est dégagé sur l’opportunité de celles-ci avec toutefois le souhait qu’elles soient désintéressées et « consolidantes ».

A l’heure où le Burkina Faso traverse des crises de toutes sortes et où le débat sur l’alternance gagne avec passion toute la société, il ne pouvait y avoir meilleure façon de commémorer les 20 ans de sa loi fondamentale que de se donner le cadre et le temps d’une évaluation critique sur celle-ci.

 

 

Justin Yarga

Journaliste web qui teste des outils de Webjournalisme et datajournalisme, Media strategy consultant.

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