De la conquête de l’hégémonie mondiale par les superpuissances

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Les grandes puissances s’affichent toujours sur la scène internationale, chacune voulant montrer ou conquérir une suprématie.  Depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale qui a connu la victoire des alliés, les États-Unis d’Amérique et la Russie ont entretenu une certaine méfiance sur la domination du monde.

Photo: fr.academic.ru
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La Guerre froide qui a succédé à la Seconde guerre mondiale dans les années 50 et 60 a marqué le début de l’exacerbation de l’antagonisme entre les deux puissances. On se rappelle des missiles de Cuba qui ont failli déclencher une troisième guerre mondiale. Si l’affrontement a pu être évité grâce à ce qu’on a appelé l’équilibre de la terreur, les divergences demeurent, et leur aplanissement total n’est pas pour demain.

Autrefois, Capitalisme contre Communisme, Guerres mondiales, Guerre des étoiles (course aux armements), Guerre froide, l’on est tenté de parler aujourd’hui d’une ‘’Guerre gelée‘’ entre ces deux États puissances. Ils semblent s’observer en chiens de faïence sur l’essentiel des questions d’ordre politique, hégémonique, mondial ou universel.

Des batailles ont  été déjà  remportées par l’un ou l’autre camp, au prix souvent très fort. La démocratie a émergé au détriment de l’autocratie (ou dictature), le capitalisme au  détriment du communisme. Les racines des différends, insidieuses qu’elles soient, restent en permanence prêtes à bourgeonner.

Des divergences politiques et historiques

De la guerre d’Irak à celle de la Libye, en passant par l’Afganistan, l’Iran, la Côte d’Ivoire, Russes et Américains ne se sont jamais de prime à bord accordés sur les principes, les moyens ou la méthode à utiliser. L’Irak constitue un échec pour les Américains qui au final n’ont pu justifier cette guerre ; en Libye, même si la solution ne passait par les bombardements, il était urgent d’arrêter le massacre des populations par le guide Kadhafi.

Les divergences entre les Etats unis et la Russie peuvent être qualifiées d’essentiellement politiques et historiques. Avec la dislocation de l’ex URSS (Union des républiques socialistes et soviétiques) en 1991, la plupart des Etats désormais indépendants ont tendance à opter pour la politique occidentale (donc américaine) au détriment la ‘’Russie mère’’. Celle-ci se voit donc dépossédée de ses ‘’fils’’, et de plus en plus isolée de l’internationale politique.

L’URSS a été victime d’une révolution ‘’démocratique’’, une sorte de sécession engagée par les Etats la constituant. La Russie est encore hantée par ce cauchemar révolutionnaire sécessionniste, et reste réfractaire au bouleversement de l’ordre établi.

L’effondrement de l’ex URSS, 69 ans seulement après sa création le 30 décembre 1922, pour faire place à une éphémère Communauté des Etats indépendants (CEI), est la conséquence de l’usure de l’idéal socialiste et soviétique qui, dix ans plus tôt faisait encore trembler à travers une armée et une économie solides et fortifiées.

En situation de naufrage, comme ce fut le cas avec l’effondrement de l’ex URSS et la mort du communisme, la Russie n’a d’autres choix que de courtiser les quelques rares Etats para-occidentaux et anti-américains. Le Venezuela, la Corée du Nord, l’Iran, la Syrie, Cuba, entre autres sont des protégés de Moscou.

C’est d’ailleurs ce qui justifie la guerre atroce Russie – Géorgie en août 2008, Moscou tenant à protéger son petit allié l’Ossétie du Sud, une province indépendantiste séparatiste géorgienne.

Les monarchies orientales se démocratisent

Les résolutions onusiennes contre ces Etats ont rencontré la réticence voire l’opposition de le russe, et il en sera ainsi pour encore longtemps. Elle s’est abstenue sur la résolution contre Kadhafi avant de s’aligner compte tenu de l’irréversibilité de la situation. Sur la Syrie, Moscou a encore affiché son opposition quitte à y opposer son véto à toute résolution contre Bachar El Assad, ce malgré l’ampleur de la répression des manifestants de la démocratie.

Moscou ne peut facilement accepter l’ouverture d’un front de l’OTAN ou de l’ONU, qui renforcerait davantage la présence et l’emprise des USA au Moyen Orient. L’essentiel des résolutions onusiennes récentes ont été proposées par la France et la Grande Bretagne qui, aux yeux de Moscou, sont acquises d’office aux causes américaines et considérées comme telles.

La solidification du bloc occidental, qui s’est faite du reste avec l’effritement et la dispersion du bloc oriental ne saura être du goût d’un des vétos de cette région (Moscou). Le deuxième véto de la région, la Chine, pour des raisons démographiques et économiques semblent, elle plus préoccupée par autre chose que cette guerre hégémonique mondiale.

L’isolement russe s’accentue et se concrétise alors fort avec la présence de Washington au Japon, en Corée du Sud, en Irak, en Afganistan etc. Et quand les monarchies voisines parmi lesquelles ses alliés,  se «démocratisent», la suprématie s’envole très loin, d’où l’acharnement à s’opposer aux actions de l’Occident sur cette partie du monde.  Moscou n’est pas près à admettre les USA, ‘’gendarme du monde’’.

Les intérêts égoïstes priment et primeront sur les questions de démocratie, de droits de l’Homme, de cohésion internationale et même de paix. Sur les questions les plus tranchantes, la Russie semble toujours opposée aux trois autres puissances mondiales inconditionnellement alliées (France, Grande Bretagne, Etats unis). La Chine, qui adopte une position médiane et se penche parfois du côté de ces dernières.

Même si la balance pèse en faveur de Washington avec l’émergence des nouvelles puissances (Allemagne, Japon, Inde…) d’obédience occidentale ou américaine, l’antagonisme risque de demeurer encore bien longtemps tant les uns et les autres se croiront «suprêmes». Et aussi longtemps que les États-Unis seront présents en Orient, la question Palestinienne perdurera.

Un monde bipolaire, non ; mais un monde en quête perpétuelle de compromis. Un état de fait qui contribue à entretenir les foyers de tension et nourrit les conflits dans le monde.

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