Burkina: Deux maires révoqués pour mauvaise gestion

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A moins d’une année des élections couplées législatives et municipales de 2012, deux maires ont vu leur mandat écourté par le gouvernement burkinabè. Il s’agit du maire de la commune rurale de Nagréongo, située à une quarantaine de kilomètres de Ouagdougou, et celle de l’arrondissement de Boulmiougou dans la commune de Ouagadougou. Ils sont accusés de mauvaise gestion et sont passibles de poursuites judiciaires.

C’est en conseil des ministres du mercredi 27 juillet que le décret a été adopté en vertu des articles 271 et 272 de la loi n°055-2004/AN du 21 décembre 2004 portant Code général des collectivités territoriales au Burkina Faso.  « Pour faux et usage de faux et de malversations financières d’un montant de 15 715 500 F CFA », le maire de la commune rurale de Nagréongo, Vincent Ouédraogo, a été révoqué avec en sus, des poursuites judiciaires.

La maire de l’arrondissement de Boulmiougou dans la commune de Ouagadougou, Séraphine Ouédraogo,  subit le même sort « pour gestion opaque des lotissements et des ressources générées par les lotissements, la non maîtrise et le non suivi de la gestion des recettes collectées par un comptable de fait ». Des révocations qui interviennent à quelques mois des élections couplées législatives et municipales de 2012.

Si pour le premier, la nouvelle peut surprendre, pour la seconde, on peut dire que cette révocation était plus ou moins attendue. En effet, en avril dernier, le nouveau  Premier ministre fraîchement nommé avait décidé la suspension des opérations de lotissement. Dans la foulée, la maire de l’arrondissement de Boulmiougou a été suspendue de ses fonctions municipales jusqu’à nouvel ordre.

Il faut dire que cet arrondissement de la commune de Ouagadougou connaissait de fréquentes et parfois violentes manifestations de populations. Ces dernières dénonçaient à chacune de leurs sorties, un certain nombre d’imperfections dans la gestion de la mairie : lotissements qui ne respectent pas les règles de l’art, attributions arbitraires et inéquitables de parcelles de terre, spéculations, etc. A plusieurs reprises, les administrés de la maire avaient demandé son départ. Avec cette révocation, ils pourront dire que leur vœu a été exaucé.

Mais ce n’est pas cette seule commune qui connaît ce type de problème. Le Burkina Faso, depuis l’enclenchement du processus de communalisation intégrale du territoire, est en proie chaque année à des difficultés, notamment liées au foncier et à la terre. Les maires sont fréquemment accusés de gérer leur commune dans leur propre intérêt et non dans celui des populations. Les poursuites qui seront engagées contre les deux maires pourront, si elles aboutissent à un procès, permettront d’en savoir un peu plus sur la véracité de ces accusations populaires.

R. Ouédraogo

Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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