Fait divers : il n’a pas trouvé mieux que de tuer son père

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Lorsqu’un être préfère la mort à la vie, c’est qu’il y a problème. La mort de Wéda, le père de Madou est un exemple qui en dit beaucoup.

Image: manue.artblog
Image: manue.artblog

 

Wéda se lève au petit matin ce jour là. Il va derrière la concession et se pend à une des grosses branches du manguier. Il préfère mourir plutôt que d’être le dindon de la farce du village. Lui qui croyait investir pour l’avenir de toute la famille a compris qu’il s’était trompé. Son fils Madou est catégorique : « Ne comptez pas sur moi. Cherchez pour vous», a-t-il fait savoir à son père et à ses petits frères. Exactement comme l’ont demandé à leurs « frères » voisins, des artistes musiciens de l’autre côté du Burkina Faso. Wéda, qui a tout mis à la disposition de son fils Madou pour qu’il puisse réussir aux études, est perdu. Il ne comprend rien du comportement de son fils. Un fils à qui il a tout donné. Oui tout, car ses bœufs de trait, ses charrues et bien d’autres articles ont été vendus pour payer les études de Madou. Des crédits ont même été contractés un peu partout pour la même cause.

Pendant la campagne agricole, Madou n’allait pas au champ comme les autres élèves du village. Ainsi, Madou passait son temps à dormir s’il n’avait pas son cahier pour étudier. Tout le village se moquait d’ailleurs de Wéda du fait qu’il ait laissé son fils sans l’obliger à travailler dans son champ. Malgré tout, Wéda était resté ferme à son engagement qui était de tout mettre à la disposition de Madou pour qu’il réussisse aux études scolaires. Puis des concours de la fonction publique ont été ouverts par l’Etat. Madou a postulé et a été admis à un poste de fonctionnaire de l’Etat. Après sa formation professionnelle, il a été affecté dans sa région d’origine, donc non loin des siens. Wéda est content d’avoir préparé l’avenir de son fils, voire celui de la famille comme cela sous-entend en Afrique. Wéda n’imaginait pas que son fils pouvait un jour lui refuser un seul service. Erreur ! Madou avait pris sa décision : vivre seul, et pas plus. En bon Africain, Wéda avait décidé de marier la fille de son ami à Madou. « Elle n’est pas civilisée », avait lancé ce dernier à son père. Wéda essaya de convaincre Madou en vain. Il finit par se marier à une femme de son choix. Une femme qui a interdit toute visite des parents de Madou, même son père Wéda. Madou, c’était la famille nucléaire et pas plus. Madou ne se rend plus au village.

Wéda, qui a tout perdu pour faire face aux dépenses scolaires, souffre plus que d’autres parents dont les enfants n’ont pas connu cet avantage. Lui qui ne comprenait rien du comportement de son fils, a donc préféré mourir. A propos, nos frères maliens disent que, « Face à une certaine situation de honte, mieux vaut mourir que vivre ». Une histoire qui nous fait penser à Euripide qui dit dans Hippolyte : « Dans la vie des principes rigoureux donnent, dit-on, plus de déceptions que de joies ». Wéda qui s’est sacrifié pour son fils Madou, a effectivement été déçu, d’où son suicide.

Boroma



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