De la peinture murale pour piéger les moustiques

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Et si la lutte contre le paludisme passait un jour par la décoration des maisons ? A Montpellier, l’équipe de Fabrice Chandre, chercheur à l’IRD (Institut de recherche pour le développement) et collaborateur de l’Organisation mondiale de la Santé pour l’évaluation des insecticides en santé publique, a bouclé un projet visant à incorporer un anti-moustiques dans la peinture murale. “Une peinture blanche, à base d’acrylique”, précise Fabrice Chandre. Testé en laboratoire, le procédé sera proposé, avant fin 2011, à un village du Burkina Faso.

Crédit photo: DOMINIQUE QUET

 

L’enjeu est de taille : se doter d’un nouvel outil pour combattre le paludisme et son principal vecteur, le redoutable anophèle gambiae. Pas question, dans l’immédiat, de repeindre nos maisons pour éradiquer nos moustiques, bien maîtrisés par les campagnes de démoustication. En revanche, en Afrique, on s’inquiète de voir l’anophèle de plus en plus résistant aux insecticides qui imprègnent les moustiquaires, aujourd’hui l’outil le plus sûr pour éviter d’être piqué.

La peinture a été mise au point par une société espagnole. A Montpellier, les chercheurs de l’IRD l’ont appliquée à des doses variables (1 kg/6 m2 à 1 kg/12 m2) sur différents supports (bois, ciment, plastique, terre). Ils ont ensuite observé le comportement des moustiques exposés. Après 24 heures, 87 % à 100 % des insectes sont tués, alors qu’un moustique adulte vit un mois, rappelle Fabrice Chandre.

L’étape suivante a consisté à expérimenter le procédé in situ, dans une maison-test à Cotonou, au Bénin. Cette fois, “on a obtenu une réduction de 95 % du nombre de piqûres”, annonce le chercheur. Pour l’instant, sans impact sur la santé humaine. Pour lui, l’intérêt est double. D’abord, “la peinture est efficace pendant un an”, ce qui évite de multiplier les campagnes de pulvérisations d’insecticides. Ensuite, les produits, progressivement relargués, sont moins agressifs que ceux d’aujourd’hui basés sur “un effet choc”.

L’intervention des Montpelliérains s’arrête là. Mais Fabrice Chandre imagine déjà les utilisations futures de la peinture en Afrique : “On pourrait l’utiliser dans les hôpitaux et les écoles”. Ici, les grandes surfaces de bricolage de la région ne sont pas prêtes à la proposer dans leurs rayons. En revanche, la peinture “médicament” a de l’avenir. Il en existe déjà contre les acariens.

Boire ou être épargné, il faut choisir

Vous êtes dix autour d’une table et, à la fin de la soirée, vous êtes couvert de cloques, votre voisin n’a rien. C’est normal : selon Fabrice Chandre, il y a bien des peaux “à moustiques”, plus susceptibles d’être piquées que d’autres. Une question de métabolisme et de synthèse des acides.

Attirés par l’humidité, les moustiques seront aussi plus enclins à piquer un individu en sueur. Enfin, une étude dirigée par l’IRD de Montpellier a montré que les personnes qui ont bu de la bière augmentent leur risque d’être piquées de 15 %. L’enquête a été menée au Burkina Faso, où les chercheurs ont comparé le comportement de l’anophèle gambiae en présence de deux groupes témoins : des buveurs d’eau et des volontaires qui avaient consommé de la bière locale.

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C’est le nombre d’espèces de moustiques comptabilisées dans le monde selon l’EID (Entente interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen). Une quarantaine d’entre elles est recensée sur le littoral méditerranéen. La plus fréquente chez nous est le culex pipiens, avec plus de désagréments qu’un réel effet sur la santé. Seule, la femelle pique : après l’accouplement, elle a besoin de sang pour porter à maturité le maximum d’œufs.

Source: Midi Libre

Dieudonné LANKOANDE

M. Lankoandé est passionné de web2.0 et de stratégies marketing (Marketing/web & Community Management) propre au secteur on line, domaine dans lequel il a plusieurs années d’expériences.

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