CNT, 15 milliards de dollars, un calendrier électoral et une légitimité en cause.

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Alors que le CNT annonce son calendrier électoral, l’Union Africaine s’apprête à reconnaître cette instance moyennant quelques arrangements. Pendant ce temps, la réunion de Paris annonce un dégel des avoirs du clan Kadhafi pour le CNT, sur fond de mécontentement Sud-africain.

Une vue des paricipants à la rencontre de Paris sur la Libye. Ph. bluewin.ch
Une vue des paricipants à la rencontre de Paris sur la Libye. Ph. bluewin.ch

Le calendrier électoral du CNT

Le CNT affirme disposer d’une feuille de route claire. Cette feuille de route prévoit notamment l’organisation d’élections présidentielles et législatives dans les 20 mois à venir. Auparavant, une nouvelle constitution sera écrite, suivie d’un référendum, en vue de mettre le pays sur des rails «démocratiques».

Dispersion dans les rangs de l’UA

Suite  à la rencontre de Paris sur la Libye, l’UA se dit rassurée  sur certaines questions ayant trait à la protection des ressortissants subsahariens ainsi qu’à la formation d’un gouvernement d’union nationale et à la réconciliation en Libye. Certains pays africains ayant déjà reconnu le CNT en tant qu’instance légitime, l’on se demande bien se qui se passe dans les rangs de l’Union africaine. L’Afrique du Sud a boycotté la rencontre de Paris au motif que c’est à l’ONU et à l’UA, qu’il revient de piloter les opérations en Libye, au regard du mandat du Conseil de sécurité ayant autorisé les frappes de l’OTAN. Cette prise de position de la nation arc-en-ciel démontre l’absence d’unanimité autour de l’intervention en Libye. A cela, il faut ajouter en effet l’opinion de la rue africaine qui est loin d’être tendre à l’égard de cette intervention contre Kadhafi. Outre la position de la commission de l’UA, nombreux sont les  pays africains qui, contrairement à l’Afrique du Sud, n’affichent pas leur mécontentement mais ne le sont pas moins.

Un civil en vaut un autre !?

L’intervention de l’OTAN est sujette à caution. Combien de civils sont-ils morts sous les bombardements de l’OTAN ? Combien de noirs ont été tués sous prétexte d’être des mercenaires au service de Kadhafi ? Combien mourront encore lors de la bataille de Syrte qui parait imminente.  En Syrie, Bachar Al Assad continue à massacrer ses compatriotes et cela n’émeut personne. Une vie en vaut en une autre, est-on tenté de dire. Mais au regard de ce qui se passe en Syrie, en Palestine, dans la corne de l’Afrique et ailleurs l’on s’interroge sur les motivations réelles qui poussent certains dirigeants à s’agiter autant en Libye.

Kadhafi, ni un saint ni un diable

La protection des populations n’était qu’un prétexte. Kadhafi a toujours dérangé et cela n’était un secret pour personne. Il dérange toujours. Kadhafi dormait sur du pétrole. Et du pétrole, beaucoup en veulent. Un chef d’Etat qui réprime dans le sang révolte et contraint des milliers de civils à l’exode est-il plus légitime que ceux qui parachutent les armes aux insurgés ?  Assurément dans cette crise Libyenne il y a matière à débat et chacun y va de son analyse. Néanmoins, les faits sont là et les faits sont têtus. Nul ne peut garantir que le peuple libyen sera plus heureux après la chute du régime Kadhafi que pendant les 42 années de règne de l’enfant terrible de Syrte. Cette énième intervention étrangère sur le sol africain en rajoute aux interrogations sur la souveraineté des pays africains.

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