Profanation de la tombe de Thomas Sankara: l’auteur est un malade mental

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La tombe profanée

Le Procureur du Faso près le Tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou, Placide Nikiéma, a donné l’information hier mercredi 14 septembre 2011 à 11h. Le profanateur de la tombe du président Thomas Sankara a été pris en flagrant délit le 7 septembre 2011 au cimetière de Dagnöen, alors qu’il récidivait. Il a été mis aux arrêts et sera jugé. Seulement, « il ne jouit pas de toutes ses facultés mentales ».
Zaksongo R. Jean Jacob a été pris par la police en flagrant délit de profanation de la tombe du président Thomas Sankara, le 7 septembre 2011, a révélé le Procureur du Faso Placide Nikiéma. La perquisition que la police a effectuée à son domicile a permis de découvrir dans la chambre de l’accusé, un buffet dans lequel se trouvait un canaris. Lequel canaris contenait des « objets divers », mais surtout « les cailloux provenant de l’épitaphe » de la tombe présidentielle.
L’accusé est ensuite passé aux aveux, selon le Procureur. Il a déclaré aux policiers qu’il s’est rendu deux fois de suite dans le cimetière de Dagnöen, d’ailleurs proche de son domicile, pour y prélever les cailloux de la tombe. A quelles fins ? Pour faire un sacrifice afin d’améliorer les conditions de vie de ses enfants. Et pourquoi la tombe du président Sankara ? Parce que « Thomas Sankara était un grand homme », a retransmis le Procureur du Faso.

Accusé coupable mais irresponsable

Le sieur Zaksongo, âgé de 36 ans, père de famille et gérant d’une borne fontaine, est donc coupable de la profanation de la tombe. Le seul problème, c’est qu’il ne jouit pas de toutes ses facultés mentales. En effet, le Procureur a informé que la famille de l’accusé a versé au dossier un certificat médical qui établit que Zaksongo Jacob est pris en charge par le service psychiatrique de l’hôpital Yalgado Ouédraogo. En plus, un carnet de santé indique que le mis en cause souffre de troubles psychologiques permanents et prend du cannabis, de la drogue. Cela, ajouté au manque de cohérence constaté par les policiers dans sa relation des faits qui lui sont reprochés, ont d’avance amené le Procureur à conclure que Zaksongo Jacob est un malade mental. De ce fait, il sera jugé quand le dossier sera en l’état.

Cependant, cette « folie » pourrait être considérée par le tribunal comme une « cause de non imputabilité », c’est-à-dire qu’il n’était pas conscient du crime qu’il commettait, entraînant son « irresponsabilité pénale », donc son acquittement. Cependant, le Procureur a indiqué que le tribunal a la faculté de le référer à un institut de santé où il sera soigné aux frais de sa famille.

L’action civile possible

Il est à noter que l’irresponsabilité pénale de l’accusé n’enlève pas la possibilité de poursuivre civilement la famille de Zaksongo aux fins de dommages et intérêts, a précisé le Procureur. Ce dernier a tenu à remercier la Police nationale, qui a déployé une surveillance particulière autour du cimetière pour découvrir les coupables de la profanation, depuis les premiers instants où celle-ci a été constatée.
En rappel, c’est dans la nuit du 26 au 27 juillet dernièer que le premier acte de profanation a été constaté, créant un véritable tollé tant au plan national qu’international : certains, sinon beaucoup, avaient alors dores et déjà vu une main politique derrière ce sacrilège. Mais le dénouement de cette affaire semble apporter un démenti aux partisans de cette hypothèse. Enfin, pour l’instant !

Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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