L’alphabétisation en langues nationales, pour mieux faire passer le message gouvernemental.

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 La cérémonie de remise des Galian 2011 a été l’occasion pour nombre de participants présents dans la salle de banquets de Ouaga 2000, de se rendre à l’évidence que l’alphabétisation en langues nationales n’est pas la chose la plus commune au sein du gouvernement Tiao.
Le ministre délégué à l'alphabétisation lors de la cérémonie de remise des Galian. Ph. B24
Le ministre délégué à l'alphabétisation lors de la cérémonie de remise des Galian. Ph. B24

 Ainsi donc, il existe, au moins deux sortes d’analphabétisme! Il y a d’un côté ceux qui sont analphabètes dans la langue de Molière et de l’autre, ceux qui le sont en langues nationales. De ces derniers, on peut citer,  certains membres du gouvernement. Il s’agit en l’occurence de monsieur le ministre  délégué à  l’aplphabétisation, Zakaria Tiemtoré himself! Son collègue ministre, Abdoulaye Combary, délégué à  l’agriculture, n’a pas fait mieux.

En effet,  invités à  remettre des prix à des lauréats, dans la catégorie “langues nationales”, ces ministres n’ont pas été en mesure de  lire les titres, “en langues nationales” , des oeuvres, qui ont valu à ces braves hommes de médias leurs distinctions. Ils ont ainsi, reconnu, publiquement, “n’être pas alphabétisés en langues nationales.  Ceci est un fait qui, interpelle , plus d’un, en premier lieu, nos vaillants membres de gouvernement.

Ne pas savoir lire en langue nationale est la chose la mieux partagée au Faso, particulièrement dans le milieu dit des “intellectuels”. Hélas, ils sont nombreux, ces intellectuels, qui, parfois, ne savent même pas parler leur langue maternelle, ou, au moins une langue du pays. Apprendre à lire et à écrire dans une des multiples langues nationales devrait être un “must” pour chaque citoyen, sans exception. Cela doit être un motif de fierté de savoir lire et écrire dans sa langue. L’on devrait pouvoir s’en orgueillir.

A l’heure où l’on fait la promotion de l’aphabétisation, il serait peut-être opportun de penser à des modules spécifiquement adapter à cette frange de la population. C’est-à-dire, ceux qui n’ont pas eu la chance de faire le “bantaaré”. Certains prétextent le fait de  n’avoir pas séjourné au village, pour de multiples raisons. Certes, mais, même ceux qui y ont séjourné ne sont tous alphabétisés pour autant. Et, il est temps d’y rémédier.

Peut-être faudrait-il revenir à l’appelation “ministère…… et de l’aphabétisation de masse”, en ayant pour objectif de toucher une certaine catégorie de la population. Ce qui aurait assurément l’avantage, de créer un effet de mode, et de booster ainsi le taux d’alphabétisation partout dans le pays. Peut-être faudrait-il aussi permettre, de plus, en plus, à ces milliers d’alphabétisés en langues nationales, de valoriser leurs compétences en accédant à des postes de responsabilité publique, ne serait-ce qu’à l’échelon inférieur. 

La langue est un élément fondamental de la culture. La culture est le socle sur lequel chaque nation s’appuie afin de tracer ses propres sillons dans le champ du développement. L’alphabétisation dans les langues nationales, ne doit pas être l’apanage des seuls “villageois”. Les citadins en ont aussi besoin. La promotion de l’alphabétisation doit être un moyen de valorisation de nos culutres locales comme le fait si bien, l’association Tin-tua dans la région de l’Est. Le projet des écoles bilingues est, en ce sens, à encourager, en ce qu’il contribue à former une race d’intellectuels alphabétisés dans leurs langues.

L’aplphabétisation dans les langues nationales est un  moteur de développement qu’il faut faire tourner à plein régime. En effet, plus les gouvernants, à tous les niveaux de responsabilité,  seront alphabétisés en langues nationales, mieux le message gouvernemental passera auprès des populations.



Rédaction B24

L'actualité du Burkina 24h/24.

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