Théâtre : “La fin de la faim” pour dénoncer le malaise de la jeune génération

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Fidèle à ses spectateurs, le Carrefour International de Théâtre de Ouagadougou (CITO) les invite à venir suivre, du 24 septembre au 22 novembre, les mercredi, jeudi, vendredi et samedi, sa toute dernière création théâtrale.

 

“La fin de la faim”, tel est le titre de la pièce que le CITO vient de produire. Elle nous présente une horde de laissés pour compte de nos sociétés modernes qui envahit la ville de Ouagadougou. Elle décide de passer à l’attaque et de jeter à la figure du commun des citadins son désarroi de crève-la-faim. Une succession de situations pousse la jeune génération à exposer son mécontentement face aux agissements des anciens. Titenga, leur porte-voix, est obligé de quitter son village natal pour se retrouver dans les méandres de la capitale Ouagadougou. Malgré sa bonne volonté, il intègre une bande de garnements devenus « bandits malgré eux », les douanebis, et qui écument les rues de la capitale. Tibila, Marie-Noire Sortinata, les petits mendiants, les prostitués, tels sont les noms et les étiquettes des membres de cette bande. Ils ont le sang chaud et leur fourmillement est devenu un casse-tête pour les services de sécurité qui se retrouvent débordés.

Inspirée de “Les dieux délinquants” de l’écrivain burkinabè Augustin Sondé COULIBALY, cette pièce projette le spectateur dans un ghetto où la jeune génération cherche à dire son mal-être. Elle emprunte des situations à l’actualité nationale et aux récents troubles qui ont mis en émoi notre pays. Les toponymes et les discours nous projettent dans un univers de déjà vécu, mais avec un savant dosage d’humour.

Réécrite et mise en scène par Mahamadou TINDANO et Joseph KABORE, la pièce offre une dextérité des comédiens qui transforme des situations à la limite du supportable en des délires face auxquels le spectateur ne peut que se tordre de rire.

Même si cette pièce est une invite au rire, elle veut amener chacun, lorsque les projecteurs s’éteindront, à faire une introspection et trouver sa part de responsabilité dans la croissance du nombre de marginaux qui parcourent nos rues, et pouvoir dire, en chœur avec tous les personnages : « C’est la fin de la faim! »

 

Rialé

 



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Rialé est artiste-comédien et résidant a Ouagadougou.

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