Journée mondiale des enseignants : quand l’égalité des genres préoccupe les syndicats

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Les syndicats d’enseignants ont animé ce matin à la Bourse du Travail de Ouagadougou, une conférence de presse à l’occasion de la célébration de la journée mondiale des enseignants, le 05 octobre de chaque année.

Les représentants des syndicats lors de la conférence de presse. Ph. B24

 En 1994, l’UNESCO créait la journée mondiale des enseignants, devenue chaque année un moment d’hommage mérité aux professionnels de l’éducation. Comme à chaque commémoration et à l’instar d’autres pays, le monde de l’éducation du Burkina célèbre cette journée par une gamme d’activités et de manifestations. C’est dans ce contexte que les représentants d’une dizaine de syndicats d’enseignants étaient face à la presse, pour donner plus de lumière sur le thème de cette année, « Les enseignant (e)s pour l’égalité des genres ».

Loin d’être un effet de mode

Il s’agit pour le monde de l’éducation d’aborder la question du genre, omniprésente, dans un contexte bien précis, celui de l’éducation. C’est donc au sein même du corps professionnel que la question a été d’abord envisagée. Les enseignantes partagent déjà les difficultés et discriminations communes à tout le genre. Mais en plus de cela, ont souligné les conférenciers, elles sont confrontées à des inégalités et autres difficultés propres au milieu de l’enseignement. Ainsi, certaines font face à une situation de rupture de foyer due aux affectations dans la nouvelle formule de régionalisation.

L’importance de promouvoir l’égalité des genres dans le milieu enseignant découle également du fait que cette question se présente comme un préalable utile pour parvenir à une égalité d’accès à l’éducation pour les garçons et jeunes filles. Il n’y a pas de doute que l’enseignant demeure un acteur pour l’égalité des genres à l’école, mais se donne surtout en modèle pour ses élèves.

 Il existe donc bel et bien des préoccupations réelles et légitimes en matière d’égalité des genres, et le thème de cette journée mondiale, malgré la récurrence de la question du genre, revêt toute sa pertinence. Il ne s’agit donc pas d’un effet de mode, rassure Monsieur ZIDA Boubacar du SNEP, syndicat national des encadreurs pédagogiques.

Un faible taux de responsabilisation des femmes

Les organisations syndicales de l’éducation qui entendent mener des actions en faveur de l’égalité des genres, restent conscientes de la nécessité de responsabiliser les femmes. Déjà, des pas encourageants peuvent s’observer à travers des statistiques selon lesquelles, sur les 13 directions régionales du Ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation, 6 sont dirigées par des femmes. Mais de façon générale, concèdent les conférenciers, il reste beaucoup à faire dans la promotion du leadership féminin dans le monde de l’éducation. Car à l’inverse et selon des statistiques assez récentes données par les conférenciers, sur plus de 10 600 postes de direction, seulement 774 sont occupés par des femmes, soit un taux de 7,3%. Le même constat vaut au sein des syndicats où l’on explique l’absence des femmes à la tête des syndicats par la réticence de celles-ci en raison de pesanteurs socioculturelles. Cela reste une préoccupation pour les syndicats et plaide, comme un argument de plus, pour la pertinence du thème.

Dans les jours à venir, les syndicats entendent faire face à toutes ces préoccupations en plaçant la question de l’égalité des genres au centre d’un certains nombre d’activités à mener.

Justin Yarga

Journaliste web qui teste des outils de Webjournalisme et datajournalisme, Media strategy consultant.

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