Longue est la route qui mène à l'Union

SUR LES ROUTES OUEST-AFRICAINES : PAYEZ ET PASSEZ !

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Longue est la route qui mène à l'Union
Longue est la route qui mène à l’Union

L’intégration africaine commence par les échanges entre les différents peuples. Cependant, sur nos routes, certaines réalités nous démontrent que cette espérance semble une chimère derrière laquelle court notre continent. La libre circulation des biens et des personnes serait-elle donc une utopie pour la sous région ouest-africaine ?

Ouaga-Cotonou. Après plusieurs péripéties, nous atteignons, la frontière du Bénin. Le chauffeur nous lance ceci: « Tout le monde descend. Vous allez présenter vos papiers aux patrons (policiers), là-bas».  Sous un hangar, sont assis trois policiers qui rouspètent. L’un d’entre eux nous crie : « Donnez vos papiers et mettez-vous là-bas. Je vais vous appeler un à un ».

Au fil du temps, chaque appelé doit s’avancer et mettre la main à la poche. Chacun doit payer le passage : 1000 Fcfa pour ceux qui ont une pièce d’identité non-béninoise comme document, et 3000Fcfa pour tous les détenteurs de passeport non béninois (pour avoir le cachet). A notre tour de payer, nous essayons de savoir à quoi servira cette somme. L’on nous lance tout de go qu’elle permettra de réfectionner les routes. Nous saluons cette initiative. Cependant, nous demandons à nous faire livrer un document (un reçu par exemple) attestant que nous avons payé cette somme. Avec ces traces, notre argent rejoindra les coffres du trésor public béninois.  « Aucun papier n’est délivré ici. Vous payez et vous partez, c’est tout ».

Nous avons donc négocié fermement afin de ne débourser aucun centime. Finalement, notre abnégation à discuter portera ses fruits : nous sommes passé sans laisser de plumes. Cela ne fut pas le cas de certains de nos compagnons de voyage qui ont mis la main à la poche en grognant pour exprimer leur mécontentement.

Quelques jours après, à notre retour, aux environs de 4h du matin, au même poste, est assis un seul policier. Cette fois, nous devons payer 500Fcfa. Les discussions réussiront à nous sortir, une seconde fois, de cette impasse.

Ces faits que nous relatons ne sont pas seulement des actes posés par les seuls policiers béninois. Du côté du Burkina Faso, les policiers burkinabè rendent aussi la monnaie aux passagers qui ne sont pas de même nationalité qu’eux. Chacun doit donc payer à toutes les frontières : Bénin, Burkina, Côte d’Ivoire, Mali, Togo,… Pourquoi ? Juste pour remplir les poches de certains individus. Pendant ce temps, où sont passés les politiques qui nous mènent vers l’union des peuples ? Sont-ils seulement au courant de ces déconvenues que vivent leurs paisibles citoyens ? Empruntent-ils ces routes ? A quand la fin ?

 

Rialé

 

 

bktso1

Rialé est artiste-comédien et résidant a Ouagadougou.

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