Rentrée politique de l’UPC: Zéphirin Diabré dit “Niet” à une modification de l’article 37

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La rentrée politique de l’Union pour le changement (UPC) de Zéphirin Diabré s’est tenue ce samedi 08 du côté de la maison du peuple. Une présence monstre de monde, une ambiance électrisante  et des discours consacrés à l’alternance politique ont constitué le plat de résistance de la cérémonie.

Zéphirin Diabré, pour un printemps burkinabè calme mais ferme. Ph. B24

Il n’est pas habituel de voir la maison du peuple pleine de monde le jour d’un meeting de parti d’opposition. Si notre mémoire est bonne, ce sont l’ADF-RDA, du temps où il appartenait à l’opposition dite radicale, et dans une moindre mesure l’UNDD, qui avaient réussi l’exploit de noircir de monde l’emblématique maison du Parti (NDLR : c’est l’ancienne appellation de la maison du peuple). Ce défi vient d’être relevé par l’UPC, le parti de Zéphirin Diabré, à l’occasion de sa rentrée politique 2011, ce samedi 09 2011.

Pendant que plus de 3000 militants et invités du parti rythmaient à l’intérieur de l’édifice, dehors, dans la cour, se regroupaient d’autres centaines, affligés d’assister ex vivoau meeting. Un coup politico-médiatique inestimable vient d’être fait à travers cette démonstration de mobilisation, mais les dirigeants du parti du lion n’entendent pas s’arrêter là.

 

Une vue des militants du parti. Ph.B24

L’alternance, le changement, ils n’ont que ces mots dans la bouche. Leurs discours avaient tous un air immense d’assurance face aux consultations électorales futures. Pour eux l’heure du changement a sonné. Et désormais, il faut compter avec l’UPC et Zéphirin Diabré. Ce dernier a eu une méthode plutôt atypique à son entrée en scène. Il s’est dans un premier temps exprimé en langue mooré. Plus de 30 minutes de speech pour dire en quoi le Burkina doit suivre le pas de la Côte d’Ivoire, le Niger, la Zambie, la Guinée, …, dans la dynamique de l’alternance républicaine. A la fin de ce discours qui rassure sur sa capacité à être monsieur tout le monde, à être proche de la base,  le “Monsieur Aréva Afrique et moyen Orient” a entamé un discours plus protocolaire, plus élaboré.  Ses ambitions présidentielles ne font plus l’objet d’un doute.

Pour Zéphirin Diabré, « Nous sommes fâchés parce que notre développement est mal partagé (…) Nous sommes fâchés parce que nos enfants ne peuvent pas aller à l’école, sont mal soignés, sont livrés au chômage après leurs études (…) Nous sommes fâchés parce que ceux qui volent des milliards circulent librement entre Ouagadougou et Doubaï, pendant que ceux qui volent mille francs dorment à la MACO … ». A la place de cette situation de totale révulsion, le président de l’UPC clame pour un changement rapide à la tête des institutions. Pas 25%, 50%,75%,95% de changement mais 100% de changement, précise-t-il. Un changement qui pour lui, n’est pas une revanche, ni une vengeance sur le système au pouvoir.

Un printemps burkinabé gentil et calme

Zéphirin Diabré et ses ouailles ne sont pas motivés par une quelconque rancœur contre ceux qui dirigent actuellement le pays mais sont « contre une manière de faire, contre une manière de gouverner ». C’est ce qui ressort de ses propos, mais il compte tout de même mener un printemps burkinabé, à l’image du printemps arabe qui a vu le départ de Ben Ali, Kadhafi et Moubarak. Un printemps qu’il veut, pourtant, non violent, calme, gentil mais ferme. Dans la salle, non loin de lui, des militants disaient en sourdine :« changement en Afrique c’est par la force » (Sic).

Niet à une  modification de l’article 37

Pour « Zeph », le Cadre de concertation sur les reformes politiques (CCRP) « c’est des bavardages » et « on ne sait pas ce qui va ressortir des provinces ». Il ne s’y reconnaît donc pas. Notre parti est  engagé contre toute révision de l’article 37, toute réécriture totale et partielle de la Constitution burkinabé. A-t-il précisé.

UPC rime désormais avec le mot « changement », affirment les « upécistes »et les consultations électorales à venir, selon son fondateur, prouveront son assise nationale. Désormais, plus d’un se posent la question de savoir quelles seront les réels enjeux des élections couplées de 2012. L’UPC saura-t-il tirer son épingle du jeu ? Question !

Thierry Nabyouré

 

B24 Opinion

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