Prix Mo Ibrahim : un mirage pour les assoiffés du pouvoir

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Il y a quelques jours, le prix 2011 de la bonne gouvernance de la fondation du milliardaire somalien Mo Ibrahim a été décerné  à Pedro Pires, ancien président du Cap-Vert. L’homme qui n’a pas céder à la tentation de s’octroyer un mandat supplémentaire en révisant la constitution, succède ainsi au Botswanais Festus Mogae, dernier chef d’État à avoir convaincu, en 2008.

Le fondateur du prix Mo Ibrahim

Après deux années sans attributaire, le retour de cette distinction destinée aux dirigeants africains pour leur esprit de bonne gouvernance, de démocratie et de respect des droits humains tombe à point au moment où, le monde  est traversé par un courant de volonté populaire à la liberté et d’aspirations profondes à l’ordre démocratique.

Le Cap-Vert est exceptionnellement une vraie leçon de gouvernance démocratique. Pedro  Verona Pires a honorablement cédé le fauteuil au terme de ses deux mandats autorisés par la constitution. «Pedro Pires personnifie le type de gouvernance que nous entendons distinguer», a reconnu le jury du prix “pour le leadership d’excellence en Afrique”.

Un modèle de sagesse politique

Il a, d’ailleurs au cours de ses dix ans de pouvoir, sorti le Cap-Vert du cercle des ‘’pays les moins avancés’’.  Pendant cette période, le Cap- Vert a reçu la reconnaissance de la communauté internationale pour les résultats accomplis en matière de droits de l’homme et de gouvernance. Là on aurait été tenté de croire que bonne gouvernance politique rime avec gouvernance économique.

«Le Comité d’attribution du Prix a été impressionné par la capacité de vision du président Pedro Pires qui l’a conduit à transformer son pays en modèle de démocratie, de stabilité et de développement», a expliqué Salim Ahmed Salim, président du comité d’attribution. Pour le jury du prix Ibrahim, Pedro Pires n’est pas qu’un modèle de bonne gestion économique, c’est aussi un modèle de sagesse politique.

En cinq ans, la fondation Mo Ibrahim a fait trois lauréats ; ce qui témoigne de la rigidité des critères d’appréciation malgré laquelle Pires Triompha. Ces précédents lauréats ont été le Mozambicain Joaquim Chissano en 2007 et le Botswanais Festus Mogae, en 2008.

Un mirage

A l’autre bout de ces honneurs, le rang des non partants officiels semble long. Au Sénégal où le débat sur la légalité de la candidature de Wade enflamme la vie politique, au Cameroun, au Tchad ou encore dans notre pays, le Burkina Faso où les débats sur l’article 37 demeurent, pour ne citer que quelques exemples, la modification de la loi suprême, qui a maintenu des dirigeants au pouvoir pendant plusieurs décennies et ces pays à la traine, semble les exclure d’office du prix le plus doté au monde, devenu pour eux un mirage.

Néanmoins, l’Afrique a connu, en ces dernières années fortement électorales, quelques alternances, souvent douloureuses, qui ont vu émergé de nouveaux dirigeants. Pour ces derniers, le prix de la bonne gouvernance pourrait encore venir en prime à leurs efforts pour sortir leur pays de leur situation actuelle.

D’ailleurs, avec l’avènement du « printemps arabe » qui s’ajoute aux leçons tirés des crises liées à l’usure du pouvoir, la promotion de la bonne gouvernance et des droits humains ne semble plus un choix donné aux nouveaux dirigeants africains ou une exigence des occidentaux.

S’il était encore besoin de preuve, Pires aura prouvé que dix ans au pouvoir pourraient suffire à faire émerger un pays. Avec cette distinction, l’ancien président cap-verdien recevra, une dotation de 5 millions de dollars versés sur dix ans, puis un versement annuel à vie de 200 000 dollars.



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