Une thèse de doctorat très honorable sur les conditions de travail aux urgences gynécologiques de l’hôpital Yalgado

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L’étudiante en médecine Managawindin Sandrine Ouoba /Konsimbo était devant le jury du département de médecine pour une soutenance publique sur « l’avis des prestataires de services sur les conditions de travail aux urgences gynéco-obstétricales et viscérales du Centre Hospitalier Universitaire Yalgado Ouédraogo ». La soutenance a eu lieu le 24 octobre 2011 au département de médecine.

Managawindin Sandrine Ouoba /Konsimbo vient agrandir le nombre des médecins burkinabè

Les prestataires de services des urgences gynéco-obstétricales et viscérales du Centre Hospitalier Universitaire Yalgado Ouédraogo (CHU-YO) sont soumis à des critiques tant de la part des patients, du personnel que des médias. Partant de ce constat, Managawindin Sandrine Ouoba /Konsimbo a voulu recueillir leurs avis sur leurs conditions de travail. Un choix qui s’explique aussi par le fait que les conditions de travail ont une incidence directe sur la qualité des soins et aussi sur la fréquentation des établissements sanitaires, d’où la nécessité de les prendre en compte. Le constat  fait par l’impétrante est qu’au Burkina Faso, les conditions des services d’urgence sont à l’image du système sanitaire en général, avec son corollaire d’insuffisances (manque d’équipements et de personnel). Les urgences sont la vitrine, la porte d’entrée dans un hôpital alors que les conditions de travail demeurent encore inexplorées dans la plupart des évaluations. Une motivation donc pour Managawindin Sandrine Ouoba /Konsimbo qui a  décidé de recueillir « l’avis des prestataires de services dans les urgences obstétricales et viscérales du Centre Hospitalier Universitaire Yalgado Ouédraogo ».

Le manque de lits oblige les malades à se coucher sur des nattes

L’échantillon de cette étude portait sur 130 agents des urgences gynéco-obstétricales (UGO) et 102 des urgences viscérales (UV) de l’hôpital Yalgado Ouédraogo. Elle remarque que ces agents sont victimes de violences physiques, morales et verbales. Sur les auteurs de violence, ils sont pris à parti par 20% des malades, 36% des accompagnants et 12% des visiteurs.

Aussi étonnant que cela puisse paraitre, ces prestataires de services sont également victimes de violences de la part de leurs supérieurs hiérarchiques (21%), de leurs collègues (10%) et 1% de personnes non identifiées. De telles situations ont des répercussions négatives sur le travail et sur la santé des prestataires. Les effets négatifs du travail sont ressentis par 140 d’entre eux. Le stress constituait le 1er symptôme observé (55,17%), suivi de l’épuisement professionnel ou émotionnel (50,86%), ce qui avait bien sûr des incidences sur la vie professionnelle des agents. Ces derniers (86%), dans un tel contexte manquent de temps pour les devoirs familiaux.

Une table d’accouchement dans la salle d’AMIU des urgences gynécologiques et obstétricales. Le revêtement de la table est délabré laissant voir le chiffon à l’intérieur. Le bord inférieur de la fenêtre et l’escabeau sont rouillés

Pourtant, ces agents sont confrontés à de nombreuses difficultés. Au nombre de celles-ci, le manque de matériel, l’exigüité des salles. En plus de cela les salles d’examen et de soins ne disposent pas de prise de distribution d’oxygène. «Toutefois, il ressort qu’une partie des difficultés sont liées à une organisation inadéquate du système de santé. D’où la nécessité de revoir le système de référence» soutient Managawindin Sandrine Ouoba/Konsimbo. Pour cela, elle propose au ministère de la santé la formation du personnel spécialisé dans la gestion des urgences, la mise en place des normes d’infrastructures, d’équipement, de personnel et de prise en charge dans les CHU à l’image de celles existantes pour les centres hospitaliers régionaux(CHR). Elle propose également, le renforcement en équipements médicaux, la dotation de médicaments et consommables médicaux, la mise en place de mécanismes de prévention et de réactions aux violences dans les urgences gynéco-obstétricales et viscérales.

Managawindin Sandrine Ouoba/Konsimbo suggère également l’organisation des sessions régulières de formations continues à l’intention du personnel des urgences, la déclaration systématique de toutes les formes de violences subies au travail, le respect des heures de services et de visites et des consignes du CHU-Yalgado Ouédraogo. Au regard de la qualité du travail abattu par l’impétrante, le jury, composé de Pr Jean Lankoandé (président du jury), Pr Blandine Bonane/Tieba (directrice de thèse), le Dr Edgar Ouangre, et le Dr Moussa Ouédraogo, a jugé le document recevable avec la mention très honorable avec les félicitations du jury. Managawindin Sandrine Ouoba/Konsimbo est désormais prête à servir dans les hôpitaux du Burkina Faso. Cette recherche a été réalisée sous la direction du Pr Blandine Bonané/Tieba et sous la co-direction du docteur Adama Sanou.

Boukari Ouédraogo

 



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