Elections au Faso : l’OIF amnésique?

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Lorsqu’ en 2005 la CENI présentait son nouveau logiciel qui lui permettrait de constituer un fichier électoral «fiable », des voix proches de l’opposition et de la société civile avaient souligné son imperfection, son incapacité à éliminer les doublons et le fait que les cartes d’électeurs n’étaient pas munies d’une photo d’identité et n’étaient pas infalsifiables.

Maître Barthélémie Kéré président de la CENI
Maître Barthélémie Kéré président de la CENI

Au cours de cette même année, à la présidentielle de Novembre 2005, des électeurs s’étaient retrouvés avec deux, trois, voire quatre cartes d’électeurs différentes. Ces derniers avaient réussi la prouesse de s’inscrire dans plusieurs bureaux de vote, sans que le logiciel acquis à plusieurs centaines de millions (si on n’abuse) ne réussisse à les repérer. Lors de l’élection, l’opposition candidate et celle non candidate avaient souligné des fraudes massives sur la base de cartes d’électeurs multiples. Bien d’autres organisations burkinabé de la société civile ont brandi les mêmes inquiétudes.

Mais  “les observateurs internationaux” venus contrôler la bonne marche du processus n’avaient rien trouvé à redire. Ils ont “poussé mémé dans les orties”, en ressortant la même rengaine : « L’élection s’est très bien déroulée, elle a été transparente,…», pour dire à l’Opinion nationale et celle internationale que l’élection a été  sans tâche.

A ce que nous sachions, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a toujours été observatrice pour les élections de 2005, 2007 et 2010. Ces élections avaient pourtant pour socle d’appui, le fichier constitué entre 2004 et 2005. Bizarre cependant d’apprendre le samedi 05 novembre, qu’un groupe d’experts de l’Organisation, après avoir audité le fichier électoral, ait déclaré que notre fichier électoral est « non fiable » ! Ces mêmes experts critiquent : la multiplicité des documents ayant servi à l’inscription des électeurs sur les listes électorales, le manque de concertations préalables entre la CENI et l’Office national d’identification, l’insuffisance de données sur les cartes d’électeur, le faible taux de retrait desdites cartes et les problèmes liés à l’exigence de la CNIB au moment du vote et bien évidemment, le manque de confiance quant à la transparence et la crédibilité du fichier électoral.

Tous ces griefs cités ne datent pas d’hier. Amnésie ou volonté de se faire bonne conscience, on ne sait trop. Mais, comme nous savons tous que « dans la vie animale la violence ou la bêtise (c’est selon) est pourvue de freins individuels », disons simplement que l’OIF a su au bon moment saisir son frein ; réformes politiques oblige.

B24

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