Industrie minière au Burkina (partie 2): Salif Kaboré, Ministre des mines «c’est environ 40 000 personnes qui vivent du secteur minier »

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Les Ministres Arthur Patiendé Kafando et Salif Lamoussa Kaboré ( de gauche à droite). Photo: Burkina24
Les Ministres Arthur Patiendé Kafando et Salif Lamoussa Kaboré ( de gauche à droite). Photo: Burkina24

En marge du déjeuner d’affaires organisé par la société minière SEMAFO lors du Forum économique international des Amériques (Toronto 23-25 Octobre 2011), Burkina 24 s’est entretenu avec Salif Lamoussa Kaboré, Ministre des Mines, des carrières et de l’énergie du Burkina, sur la vitalité du secteur minier ainsi que les retombées pour le panier de la ménagère burkinabè. En attendant de revenir sur le reportage vidéo intégral de ce déjeuner d’affaires, Burkina 24 vous donne ici l’essentiel de cet entretien avec le Ministre Kaboré.

Burkina24 : Bonjour Monsieur le Ministre, et merci d’accorder cet entretien à Burkina24. Tout d’abord, pouvez-vous nous dire quel est l’objet de votre séjour à Toronto?

Salif L. Kaboré : Merci. Nous sommes venus à Toronto pour participer au Forum Économique International des Amériques, qui est une tribune qui nous permet de faire la promotion de notre pays. J’ai eu l’opportunité de faire une présentation sur l’état du secteur minier et des opportunités qui s’offrent aux investisseurs. Comme vous le savez, le Canada investit beaucoup dans le secteur minier du Burkina Faso. Cependant, avec les troubles de Mars, Avril et Mai, les compagnies se posent beaucoup de questions sur leurs investissements au Burkina Faso. J’ai donc voulu profiter de ce forum pour faire passer un message rassurant, et dire que la sérénité et la paix sont revenues et que par conséquent les investisseurs peuvent venir en toute tranquillité dans notre pays, qui est un pays sécurisé, un pays démocratique.

Burkina24 : Avec l’arrivée des entreprises étrangères, d’aucun se demande sur la place des entreprises locales dans cette nouvelle donne dans le secteur minier burkinabè. Quelles sont les mesures prises par votre ministère afin de permettre aux entreprises commerçantes burkinabè de répondre aux besoins des industries extractives locales?

Salif L. Kaboré : Le ministère des mines, des carrières et de l’énergie travaille à faire la promotion des entreprises nationales afin qu’elles soient présentes dans la sous-traitance. Je peux vous dire qu’une association des entreprises Burkinabè opérant dans le domaine des biens et services a été créée il y’a deux ou trois mois afin de mettre ces entreprises en relation avec toutes les entreprises minières internationales. Cela permettrait aux entreprises burkinabè d’avoir des relations commerciales très avancées avec les sociétés minières installées sur place, et je pense que ça marche assez bien.

Le Ministre Salif L. Kaboré lors de son entretien. Photo: Burkina24
Le Ministre Salif L. Kaboré lors de son entretien. Photo: Burkina24

Burkina24: Pouvez-vous nous parler des conséquences du « boom minier » sur le panier de la ménagère burkinabè?

Salif L. Kaboré : Ceci peut être vu sous un autre angle : nous assistons effectivement à un « boom minier » en ce moment, et  il y’a sept mines d’or et deux mines de manganèse en activité. Ce sont sept-mille emplois qui ont été créés ; et si nous partons du principe qu’un employé peut prendre en charge huit personnes, c’est environ quarante-mille personnes qui vivent du secteur minier. Les entreprises minières offrent quand même de bons salaires à leurs employés, et contribuent ainsi à  l’augmentation de leur pouvoir d’achat. Mais au-delà de cela, je pense qu’il y’a beaucoup d’efforts à faire pour qu’au niveau des localités où sont les mines, il y ait beaucoup plus d’activités, qu’on puisse promouvoir des burkinabè et qu’il y’ait un partenariat gagnant-gagnant entre les sociétés minières, l’État du Burkina Faso et l’ensemble des communautés.

Burkina24: Lors de votre présentation sur le secteur minier burkinabè aux entreprises minières Canadiennes et notamment aux potentiels investisseurs, vous avez parlé d’électrification de tous les chefs-Lieux de départements du Burkina-Faso ; pouvez-vous nous en dire un peu plus?

Salif L. Kaboré : Une question a été posée sur l’importance de l’électricité dans le développement d’un pays, et j’ai donc voulu dire que le Chef de l’Etat accorde une place importante à l’électricité. Dans son programme 2011-2015, il a été dit que tous le chefs-lieux de départements devraient être électrifiés d’ici la fin de son quinquennat. Il y a 87 localités qui n’ont pas de financement pour avoir l’électricité dans ce délai, et au niveau du gouvernement nous travaillons à mobiliser les ressources afin que nous puissions apporter l’électricité dans ces localités d’ici 2015, et donc contribuer à leur développement.

Burkina24: Quel message auriez-vous à transmettre aux investisseurs canadiens?

Salif L. Kaboré : Le Burkina Faso s’inscrit résolument dans le cercle des pays miniers. La crise est derrière nous, et les investisseurs peuvent venir pour qu’ensemble nous puissions avoir un partenariat gagnant-gagnant. Je pense qu’il y’a deux facteurs qu’un investisseur prendrait en compte en décidant d’aller dans un pays : la stabilité politique et la sécurité des investissements dans le pays. J’ai donc voulu dire à travers mes différents messages que nous avons la stabilité politique, la sécurité au niveau des investissements, et que les investisseurs peuvent donc, en toute sérénité, lever des fonds sur la place financière et venir investir dans notre pays.

Burkina24: Si un investisseur vous demandait de lui donner trois raisons pour investir au Burkina Faso au lieu d’un autre pays, que diriez-vous?

Salif Lamoussa Kaboré: L’existence d’un potentiel minier, la stabilité politique, et la sécurité sont les trois raisons que je donnerais.

Burkina24: Merci M. le Ministre !

Entretien réalisé avec la collaboration spéciale de Huguette Konaté

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Rédaction B24

L'actualité du Burkina 24h/24.

Il y a 4 commentaires

  1. Les compagnies mini?res exploitent nos ressources sans que la population n’en voit les couleurs des royalities ! Est-ce que le ministre qui parle sait m?me combien de tonnes sort du trou ?

  2. Moi c’est l’?lectrification des villages qui m”int?resse. Cela fait plus de 20 ans qu’on attend ?a ! Si Blaise ne le fait pas pour son dernier mandat, il sortira par la petite porte !

  3. Si le premier produit d’exportation cr?e seulement 40 000 emplois c’est que le Burkina est dans la merde ! Le gouvernement devrait mettre l’accent sur la modernisation de l’agriculture

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