Produits agricoles: Les céréales burkinabè ne supportent pas la concurrence européenne !

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Le lait et les céréales burkinabè ne supportent pas la concurrence des produits agricoles importés de l’Union européenne. C’est la principale conclusion à laquelle est parvenue une étude faite par le bureau national du Burkina de l’Institut africain pour le développement économique et social (INADES-Formation).

Ph : Lefaso.net

 

 « Aujourd’hui, les gens préfèrent manger du pain, boire du lait et du café au petit déjeuner, alors qu’avant, c’était la bouillie de mil ». Constat de Bernadette Ouattara, directrice du bureau national de l’INADES-Formation Burkina, qui révèle la place peu enviable dans laquelle les produits agricoles importés ont relégué les céréales burkinabè. C’est ce qui est appelé impact des importations des produits agricoles européens sur le développement du secteur agro-alimentaire au Burkina.

« Il y a un impact négatif », a révélé Bernadette Ouattara, s’appuyant sur une étude que l’INADES a menée avec la FIAB (Fédération nationale des industries agro-alimentaires et de transformation du Burkina), en collaboration avec l’ONG Misereor. Le lait et les céréales produits au Burkina ne font pas le poids face à leurs semblables venus de l’Union Européenne. Les causes ? Bernadette Ouattara et Simone Zoundi, présidente de la FIAB, se rejoignent pour indexer la forte croissance démographique, l’urbanisation et le besoin des populations de consommer des produits moins chers. Un critère que remplissent généralement les produits venus d’Europe.

Mais cet état de faits a des conséquences négatives sur l’économie, notamment l’affaiblissement du développement des activités génératrices de revenus surtout en milieu rural, ce qui peut être un facteur décourageant pour les populations qui ne fourniront plus assez d’efforts pour améliorer leurs conditions de vie.

C’est pour trouver des solutions à ces problèmes qu’un atelier de réflexion, qui regroupe les acteurs de l’agro-alimentaire, les structures étatiques, les partenaires financiers et justement les représentants des pays européens, a été ouvert ce 23 novembre à Ouagadougou. Il se tient en prélude aux Journées agro-alimentaires (JAAL) du 25 novembre au 4 décembre prochains. Son objectif est, d’une part, restituer et valider les résultats de l’étude, et, d’autre part, trouver des solutions. L’ONG Misereor spécialisée dans le lobbying, se chargera déjà d’effectuer le travail de plaidoyer auprès des pays européens, en attendant qu’au niveau local on trouve les moyens de mettre plus en valeur les produits agricoles locaux.

 Les résultats de cette étude ne manquent pas de rappeler d’autres études qui ont été menées dans le cadre de l’évaluation de l’impact de la mise en œuvre de l’accord de Cotonou du 23 juin 2000, l’accord polémique de partenariat ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique)-UE. La plupart de ces études, comme celle de l’INADES-Formation, avaient conclu que les produits européens importés concurrencent les productions locales comme le lait, la viande, les huiles végétales, le concentré de tomate ou, pire, s’y substituent.



Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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