Info ou intox ? La dévaluation du CFA re-pointerait-elle son nez … ?

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Depuis quelques jours, le bruit court sur le net et dans des cercles intellectuels que la visite du Président ivoirien dans nos pays de la sous région aurait pour but de préparer nos chefs d’Etat à une nouvelle dévaluation du Franc CFA. Info ? Intox ? On ne saurait le dire pour le moment, étant donné que seul Mohamed Ibn Chambas, a estimé que “la dévaluation du Franc CFA n’était pas à l’ordre du jour ». Mais néanmoins,  cette annonce fait des gorges chaudes, annonce des sautes d’humeur.

Des billets de 10.000 Francs CFA. Un équivaudra à 10 Euros si nouvelle dévaluation
Des billets de 10.000 Francs CFA. Un équivaudra à 10 Euros si nouvelle dévaluation

 La rumeur est persistante et se répand comme un feu de brousse. Chacun se souvient de la dernière dévaluation qu’ont subie les ex-colonies françaises et personne ne souhaite revivre cette paupérisation forcée. Avant de revenir sur l’histoire, petit cours d’économie pour restituer la définition de la dévaluation…

Dévaluer une monnaie suppose qu’on abaisse sa valeur sur le marché du change. Donc on achète plus de CFA avec du dollar ou de l’euro. L’objectif avancé par ceux qui la réclament c’est « d’aider à développer le commerce extérieur ». Si vous voulez exporter plus que vous n’importez, alors une dévaluation vous permet de mieux vendre vos produits vers l’extérieur. C’est ce qui est d’ailleurs reproché, par exemple, à la monnaie chinoise accusée d’être trop faible sur le marché financier international par les Américains et les Européens, car ils sont justement « envahis » par les fameux produits « Made in China » !

Le problème, dans le cas de nos pays, c’est que le continent africain ne produit pratiquement rien, et son commerce extérieur est nul, sauf évidement en ce qui concerne les matières premières, ces chères matières premières qu’on nous spolie à coups de guerres civiles ou de coups d’Etats farfelus ! Résultats : ceux qui nous les achètent déjà à très bas prix les achèteront encore moins chères, et nous, pauvres gens, qui importons riz, farines, et autres produits industriels transformés, nous les achèterons encore plus cher ! Et oui… on nous fait miroiter le « développement de notre économie » derrière la dévaluation, mais celui-ci reste impossible tant que nos pays ne produiront pas, ne créeront pas de richesse.

Impossible… tant que nous roulerons dans des voitures étrangères, ou avec des motos importées, tant que notre riz sera acheté par tonnes par les mêmes personnes sur les marchés internationaux et non produit ici, tant que notre coton sera vendu en-dessous du prix de revient et que nous achèterons les produits finis, pagnes et autres prêt-à-porter, à l’étranger … Bref, c’est toujours la même musique. Toujours le même refrain. Toujours les mêmes couplets. Mais ils n’ont semble-t-il pas encore trouvé d’oreilles adéquates dans lesquelles tomber pour que quelque chose bouge.

En tout cas, cette fois-ci, avant que le discours officiel ne vienne confirmer cette rumeur, nous disons non. Non, à l’idée de subir cette nouvelle dévaluation décidée là haut par la Banque de France, l’éternelle « garante du CFA » ! Non, à ce que nos frères, nos sœurs, paient pour les allocations diverses et variées des petits Français pour que leur pays n’implose pas ! Non, à ce que notre travail contribue à rembourser des guerres inutiles menées en Côte d’Ivoire ou en Libye, sous couvert de « défense des droits de l’homme », de « démocratie » ! Non, tant que nos gouvernants ne prendront pas leur courage à deux mains pour défendre leur peuple, leurs pays, leurs familles, face aux intérêts de ces puissances sur le déclin ! Sinon… nous tomberons avec elles, c’est sûr !

Il est temps pour nous de penser à l’avenir de nos pays et de nos enfants. Ces millions de jeunes qui étudient dans nos universités bondées. Ces jeunes qui plus que leurs pères, sont informés de ce qui se passe et ne sont pas prêts à retendre le bâton avec lequel on a déjà frappé leurs propres parents ! Ces jeunes qui surfent sur le net, s’informent, discutent, cherchent leur voie et comprennent petit-à-petit que leur avenir sera toujours bouché s’ils laissent faire les tonton- là, au pouvoir depuis des dizaines d’années et qui n’ont rien fait pour leurs pays, rien fait si ce n’est sortir leur propres familles de la misère : soigner leurs vieilles mères et éduquer leurs enfants à l’étranger. Mais finalement pour quoi faire ? Pour qu’ils vivent exilés ? Pour que leurs pays leur soient toujours étrangers sauf le jour où ils seront catapultés à refaire la même chose que leurs pères.

La jeunesse seulement l’a compris et ne se laissera sûrement pas avoir comme il y a déjà presque 20 ans. La route vers un printemps africain ?

Fatoumata Touré 

(source : le blog de aymard : aymard.wordpress.com)



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