Peine de mort: la société civile burkinabè à l’école du Benin

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Les participants à l'atelier, ici avec Me KEKE Hélène et Monsieur Jean-Baptiste Gnouhoué. Photo Amnesty Burkina

La coalition nationale contre la peine de mort au Burkina était ce lundi 05 décembre en atelier à Ouagadougou. Objectif : s’inspirer de l’exemple du Bénin qui s’est engagé résolument, depuis août dernier, dans un processus vers l’abolition de la peine de mort.

Sujet à de vives controverses, la peine de mort n’est toujours pas exclue des législations de plusieurs pays africains. A ce jour, seulement 16 pays l’ont abolie, et 16 autres continuent de l’appliquer. Cependant, la vague abolitionniste continue, avec en Afrique de l’Ouest, le Benin qui a franchi un pas important vers l’abolition. Le 18 août dernier, le parlement béninois a voté une loi portant autorisation de ratification du deuxième protocole facultatif se rapportant au pacte international relatif aux droits civils et politiques visant l’abolition de la peine de mort.

Me KEKE Hélène, présidente de la commission des lois au parlement béninois. Photo Amnesty Burkina

C’est en leur qualité d’acteurs déterminants dans ce pas décisif que séjournent dans notre pays Me KEKE Aholou Hélène, député au parlement béninois et Monsieur Jean-Baptiste Gnouhoué, ancien coordonnateur peine de mort à Amnesty Bénin, afin de partager leurs expériences avec la coalition nationale contre la peine de mort au Burkina. Magistrate passée au barreau, Me KEKE a été un artisan de l’adoption de cette loi du côté du parlement béninois où elle préside la commission des lois. « Pour nous, c’est un énorme pas », a-t-elle affirmé, après avoir parlé des stratégies usées pour parvenir l’adoption de cette loi. Même s’il reste des étapes, notamment la promulgation de la loi et le dépôt des instruments de ratification, le Bénin est en passe de devenir le 17ème pays africain à abolir la peine capitale. Un processus irréversible salué par Amnesty.

Mais un processus qu’il a fallu du temps et de la persévérance pour lancer, comme l’a rappelé Paule Rigaud, ancienne responsable des campagnes pour l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International. Il n’y avait pas mieux que Monsieur Jean-Baptiste Gnouhoué pour l’attester, ayant été toujours et activement présent dans ce processus. En effet, c’est depuis 2003, dans le cadre de la campagne pour l’abolition de la peine de mort en Afrique de l’Ouest, que des actions ont été entreprises afin d’obtenir du Bénin cet acte politique exemplaire.

De l’avis d’un participant à cet atelier, le cas béninois est une école pertinente qui va outiller davantage la coalition. Celle-ci regroupe une dizaine d’organisations de la société civile au rang desquelles Amnesty Burkina, ainsi que des syndicats de magistrats et d’avocats. Cet atelier devra permettre à la coalition, à la lumière de l’expérience du Bénin, de réfléchir à une stratégie efficiente afin d’aboutir à l’abolition de la peine de mort au Burkina Faso.

Le Burkina fait parti des 23 pays abolitionnistes de fait et, sous l’action de la coalition, un projet de loi germait au Ministère de la promotion des droits humains du temps de la ministre Salimata Sawadogo. De plus, en 2010 le Président du Faso avait laissé entendre à des représentants d’Amnesty International son opposition à la peine de mort. Autant de chances que la coalition compte exploiter afin d’amener le Burkina Faso à emboiter les pas de certains de ses voisins.



Justin Yarga

Journaliste web qui teste des outils de Webjournalisme et datajournalisme, Media strategy consultant.

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