Le présidium de la clôture des assises nationales. Au centre le président Blaise Compaoré. Photo:Burkina24

Assises nationales: Le serment de Blaise

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Le complexe sportif de Ouaga 2000 a abrité les Mercredi, jeudi et vendredi derniers, les assises nationales sur les reformes politiques. Trois jours de grandes élocutions politiques, juridiques, …, suivis d’un épilogue magistral, marqué par l’arrivée de Blaise Compaoré dans ce que l’on peut appeler désormais le temple de la résipiscence politique du Burkina Faso.

Le présidium de la clôture des assises nationales. Au centre le président Blaise Compaoré. Photo:Burkina24
Le présidium de la clôture des assises nationales. Au centre le président Blaise Compaoré. Photo:Burkina24

Les Assises nationales sur les réformes politiques, rappelons-le, avaient pour objectif la consolidation des propositions de réformes issues des travaux du Conseil consultatif sur les réformes politiques (CCRP). 1510 délégués se sont donc retrouvés à Ouagadougou et ont échangé sur les 4 axes de réformes discutés par le CCRP et les assises régionales :

-l’extension du dialogue démocratique par la création de nouveaux cadres d’expression ;

-la redéfinition des rapports entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire dans la perspective d’un réel équilibre des pouvoirs ;

-l’amélioration de la gouvernance électorale ;

-les politiques sectorielles et le renforcement de la gouvernance globale.

Constitutionnalisation de la Chefferie coutumière

L’axe I a permis aux participants d’échanger autour de la création de cadres de dialogue démocratique et sur la question essentielle de la chefferie traditionnelle. S’agissant de cette dernière préoccupation, les délégués aux assises ont dégagé un consensus sur la reconnaissance de la chefferie traditionnelle et coutumière dans la Constitution. Toutefois, les avis sont restés divergents sur le fait de créer une institution qui la représente. Quand aux échanges sur l’engagement politique des chefs traditionnels et coutumiers, les participants n’ont pas réussi à trouver un consensus. Pour les uns l’engagement politique des chefs contribue à la détérioration de leur statut social, pour d’autres, les chefs coutumiers et traditionnels sont des citoyens à part entière à qui ont ne peut pas dénier le droit d’être éligible et électeur.

L’axe II a permis de dégager des consensus majeurs : l’âge minimum et maximum des candidats à l’élection présidentielle (35-75 ans) ; la composition du Sénat ; l’augmentation du nombre de député en veillant à ce que chaque province ait au moins deux députés. Au niveau de l’axe III et IV, les assises non pas remis en cause les propositions du CCRP. Néanmoins, de petites recommandations ont été mentionnées pour améliorer leur pertinence.

Mécanisme de mise en œuvre et suivi    

Les délégués se sont accordés quand à la gestion de la mise en œuvre des conclusions consensuelles par le gouvernement à travers le ministère en charge des réformes politiques. Une structure de suivi sera également mise en place et fonctionnera sur la supervision du même ministère.

Le serment de Blaise

Le Président du Faso, Blaise Compaoré a eu le mot de la fin. A travers son allocution de clôture, Il s’est engagé à mettre en œuvre les idées consensuelles issues des concertations, avec le concours des institutions de la République. Il a annoncé la création d’un organe de suivi-évaluation qui assurera la mise en œuvre des résultats des assises.

Le clash n’a pas eu lieu

D’une façon générale, il nous revient que les participants ont réussi à imposer un climat relatif qui leur a permis de travailler en toute symbiose. Les débats sous-jacents qui auguraient le clash entre partisans du pouvoir et de l’opposition se sont escamotés. Finalement, on n’a pas fait cas des propositions non-consensuelles du CCRP. Les propositions non consensuelles dont celle relative à la modification ou non de l’article 37 resteront en l’état. Blaise aura donc le dernier mot. Encore une fois.

Les gens nous attendent au tournant

Pas bien loin du complexe, un maquis dissimule mal quelques délégués partisans de Bacchus. Après des échanges houleux et à l’heure de la pause, ils échangent quelques mots, se disent la vérité. L’ambiance est à la modération et les propos rassurent sur le fait que tous les délégués craignent une résurgence de la crise de ce début d’année. Pour cet échantillon de bacchussards, « les gens nous attendent au tournant si jamais ils ne sont pas satisfaits des résultats du CCRP, on est fichu. Donc attention, il ne faut pas que les assises reviennent sur les propositions non consensuelles.» 



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