Les dirigeants du Collectif contre l'impunité.

Commémoration de l’assassinat de Norbert Zongo : 13 ans après, le Collectif toujours déterminé et persévérant

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Les dirigeants du Collectif contre l'impunité.
Les dirigeants du Collectif contre l'impunité.

A l’occasion de la commémoration du 13ème anniversaire de l’assassinat de journaliste Norbert Zongo, le Collectif contre l’impunité a animé une conférence publique, dans l’objectif de permettre une juste compréhension de 13 années de lutte, ainsi que,  de façon très liée, pousser, tôt ou tard à la réouverture du dossier Norbert Zongo.

L’on raconte, qu’un philosophe allemand athée s’est un jour étonné, en entendant les cloches sonner et en voyant la foule se presser pour la messe du dimanche, et s’est exclamé ainsi : « Tout cela pour un Juif mort il y a 2000 ans ! » Au fil des années la mobilisation à chaque 13 décembre, et cela depuis maintenant 13 ans, peut inspirer pareille réflexion si l’on ne savait pas ce que signifie pour les Burkinabè cette date du 13 décembre, ou encore si l’on n’avait pas entendu parler de Norbert Zongo et du drame de Sapouy.

 Capitaliser les acquis de 13 ans de lutte

Même 13 ans après, on peut dire que la détermination et la persévérance anime de nombreux Burkinabè dans la quête d’une justice et dans la lutte contre l’impunité, insufflée par le Collectif des organisations démocratiques de masse et de partis politiques contre l’impunité. Comme à chaque 13 décembre, c’est une foule innombrable qui a pris d’assaut la salle de conférence du CBC ou se tenait la conférence publique, animée par le représentant du Collectif contre l’impunité.

L’un des objectifs du collectif, depuis le non lieu rendu dans l’affaire Norbert Zongo était encore affiché à ce 13ème anniversaire. Et les slogans du jour le rappelaient bien, criés par des jeunes déterminés, dont certains prônaient le raccourcissement du chemin de la lutte : « Vérité et justice pour Norbert Zongo ! ». Mais à côté de cela et pour y parvenir, il était question de capitaliser les acquis de la lutte contre l’impunité, insufflée au peuple burkinabè par le Collectif. Car des acquis, il y en a bien et non négligeables, de l’avis des dirigeants du Collectif.  Et, le président, Monsieur Chrisogone Zougmoré, ne cache pas sa satisfaction quant à l’impact de l’action du collectif, après 13 années de luttes « multiples et multiformes ». Dans une allocution d’ouverture à cette conférence publique, il a affirmé qu’«il est aujourd’hui constant et indéniable que l’existence même du Collectif ainsi que son action, ont positivement et profondément marqué notre société ».

“L’impunité a beau avoir la peau dure…”

« Capitalisons davantage les acquis des luttes du Collectif pour une juste compréhension des luttes actuelles de notre peuple et pour la réouverture et l’instruction sérieuse du dossier Norbert ZONGO et tous les autres ». C’est donc sous ce thème que le collectif a commémoré le 13ème anniversaire de l’assassinat de Norbert Zongo, donnant l’occasion aux militants, de diverses organisations de masse et de partis politiques, en majorité jeunes, de contribuer à la réflexion sur le cadre de cette lutte qu’est le collectif, mais également sur la lutte elle-même. Car pour le président du collectif, après les commémorations par les marches et meeting qui ont permis de marquer fortement cette date du 13 dans l’esprit des gens, il faut maintenant privilégier la réflexion.

De toutes les interventions, il se dégageait un sentiment commun d’optimisme quant à l’éclatement de la vérité et l’avènement d’une justice dans l’affaire Norbert Zongo. Un optimisme que le président du collectif a exprimé en ces termes : « L’impunité à beau avoir la peau dure, ses jours sont comptés ».  Et pour soutenir un tel optimisme, il y a pour lui le dénouement dans certaines affaires qui devaient alimenter cette impunité, dont la plus proche en date, l’affaire Justin Zongo, du nom de ce jeune lycéen dont la mort avait plongé le Burkina Faso dans une crise profonde. Qui plus est, a soutenu le président du Collectif, le printemps arabe est une preuve que « les peuples conscients sortent toujours vainqueurs des combats qu’ils osent mener contre l’arbitraire, la forfaiture et la dictature » et que « le Burkina Faso n’échappe pas à cette tendance générale ».

Justin Yarga

Journaliste web qui teste des outils de Webjournalisme et datajournalisme, Media strategy consultant.

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