Déclaration du Réseau National de Lutte Anti-corruption (REN-LAC) sur l’affaire DG des douanes

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Après l’arrestation du DG des douanes, les déclarations continuent de se lire. Après celle de l’Union pour le changement et la réaction à chaud du premier ministre Luc Adolphe TIAO, voici une déclaration du Réseau National de Lutte Anti-corruption (REN-LAC).

Le lundi 2 janvier 2012, le REN-LAC apprenait par voie de presse, l’arrestation de M. Ousmane GUIRO, Directeur général (DG) des Douanes du Burkina Faso, par la gendarmerie nationale dans le cadre d’une enquête portant sur une somme de près de deux milliards de FCFA et des objets précieux dont la nature et la valeur n’ont pas été révélées. Cette arrestation intervient alors même que l’affaire des fausses exonérations d’un montant d’environ 500 millions de FCFA dans les hydrocarbures, dans laquelle M. GUIRO a été inculpé, est toujours en souffrance.

Ce nième acte de M.GUIRO vient confirmer si besoin en était encore, la justesse de la perception des Burkinabè sur l’ampleur de la corruption dans notre pays, perception qui classe le service de la douane au 1er rang des plus corrompus depuis 2007 !

Le manque de volonté politique de combattre la corruption, l’inféodation de la justice au pouvoir politique et l’impunité dont bénéficient les grands délinquants à col blanc sont sans conteste un contexte qui a encouragé M. GUIRO à évoluer sans vaciller dans son entreprise. L’on se rappelle en effet la bienveillante attention politique dont il a été l’objet dans l’affaire des hydrocarbures, lorsque le juge d’instruction avait émis un mandat de dépôt contre lui : « M. Guiro n’est pas n’importe qui. Il est à la tête d’une importante institution de la République. Le déférer dès sa première comparution ne me parait pas normal. Il a quand même droit à certains égards », avait expliqué le ministre de la justice d’alors, M. KOTE au juge (cf. Bendré N°478 du lundi 14 janvier 2008). Depuis 2007, M. GUIRO a si bien continué son travail à la tête d’importante institution de la République, à la satisfaction de sa hiérarchie puisqu’il a été décoré le 11 décembre 2011 au grade d’officier de l’Ordre national.

Le Réseau n’a rien de personnel contre la personne de M. GUIRO : les actes que celui-ci a posés entrent directement dans son champ d’action et c’est pourquoi il se doit de les apprécier et d’œuvrer à leur éradication. Aussi, le Réseau salue-t-il le courage et la qualité du travail abattu par la gendarmerie nationale qui sur la base d’informations à sa possession a décidé l’enquête qui a conduit à l’arrestation. Il salue également la diligence avec laquelle, le Chef de l’Etat a réagi dans le sens de faciliter la poursuite de l’investigation. Toutefois, au-delà du limogeage de M. GUIRO, les dispositions pertinentes de la loi portant régime juridique applicable aux emplois et aux agents de la fonction publique doivent être appliquées dans leur plénitude. Le Réseau souhaite que les procédures d’enquête judiciaires en cours se déroulent sans ingérence d’aucune sorte afin que l’origine de l’argent soit établie et que toutes les personnes impliquées, à quelque niveau que ce soit, soient recherchées et punies à la hauteur de leur participation.

Le cas GUIRO n’est pas isolé. Les rapports d’institutions de contrôle de l’Etat, les investigations du REN-LAC et de la presse fourmillent d’informations sur des présomptions de malversations financières dans les services publics et des détentions de fortes sommes d’argent dans des domiciles par différentes personnes, lesquelles informations doivent également conduire les autorités compétentes à diligenter des enquêtes. Ce phénomène de « nouveaux riches » et les multiples cas de dilapidation des ressources publiques posent avec acuité l’impérieuse nécessité de l’effectivité de la déclaration des biens dans notre pays. Le Réseau a pris l’initiative de proposer à l’issue d’une étude sur la législation anticorruption au Burkina Faso, un projet de texte de loi spécifique anticorruption. Ce projet de texte prend en compte ces aspects.

Le REN-LAC appelle tous les Burkinabè épris de justice à se mobiliser pour que la présente affaire DG de la douane et tous les autres dossiers jusque-là impunis connaissent un traitement diligent.

Le Secrétaire Exécutif du REN-LAC , 
Pr. Blaise SONDO

 

Justin Yarga

Journaliste web qui teste des outils de Webjournalisme et datajournalisme, Media strategy consultant.

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