Dépénalisation des délits de presse : « J’espère que ce sera chose réglée au cours de l’année », dixit Béatrice Damiba

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Béatrice Damiba, présidente du CSC Ph : apn.sn

La dépénalisation des délits de presse figure en bonne place parmi les doléances du monde médiatique burkinabè. Lors de la cérémonie de présentation de vœux du Conseil supérieur de la Communication (CSC) à son personnel et aux  acteurs des médias, ce 13 janvier 2012, la présidente Béatrice Damiba a indiqué que « les plus hautes autorités de notre pays » y adhéraient et elle espère que « ce sera chose réglée au cours de cette année » 2012.

« La dépénalisation des délits de presse, si souvent légitimement revendiquée, est une évolution à laquelle adhèrent fort heureusement les plus hautes autorités de notre pays. J’espère que ce sera chose réglée au cours de cette année ». Tels sont les propos de Béatrice Damiba, propos qui sont des vœux formulés lors de la cérémonie de présentation de… vœux du CSC à l’ensemble du monde des médias.

Elle a ainsi mis le doigt sur un sujet qui préoccupe beaucoup les journalistes burkinabè. Un forum, organisé en 2010 sous l’égide du Centre national de presse Norbert Zongo, avait même élaboré un projet de texte sur ce point et avait été l’objet d’un plaidoyer auprès des élus du peuple.

Convention collective : halte pour le bilan

La présidente du CSC a parlé de la dépénalisation dans la foulée de l’évocation des acquis de l’année 2011 par le CSC. Il s’agit de l’adoption lors de cette 2012 de  trois projets de lois relatives à la communication audiovisuelle, à la presse écrite et à la publicité,  et de l’adoption aux assises nationales sur les réformes politiques du principe de la constitutionnalisation du CSC.

La présidente du CSC a également indiqué qu’il était temps de faire une halte pour examiner l’état de la mise en œuvre de la Convention collective et elle a annoncé qu’un cadre de concertation se réunira à  cet effet au cours du premier trimestre de l’année 2012 et identifiera les « nouvelles mesures d’accompagnement susceptibles d’être envisagées ». « Nous attendons de voir », a apprécié le représentant des organes de presse, Charlemagne Abissi, Directeur général  de la radio Savane FM.

Ledit représentant a exprimé à la présidente « l’inquiétude de la presse » face à la prolifération des organes de presse dans un environnement économique difficile. Et à ce propos, il a souhaité que le CSC inscrive  dans son prochain rapport comme préoccupation cette augmentation des organes devant une subvention de l’Etat qui, par contre, reste en l’état.

Elections couplées : on attend beaucoup de la presse

La situation difficile qu’a traversée le pays est également revenue dans les discours, tout comme les élections couplées de 2012, qui, pour la présidente du CSC, demandera beaucoup aux organes de presse. Toujours dans les perspectives de 2012, le CSC a souhaité que l’autorégulation devienne une réalité, et le représentant des organes de presse a assuré que ce sera chose faite.

La transition vers la télévision  numérique, la répartition de la subvention aux organes de presse, les élections municipales couplées aux législatives, le renforcement des effectifs du CSC, la proposition par le personnel d’accorder plus d’avantages afin que le CSC puisse « garder ses compétences » (selon les termes du Secrétaire général Jean-Paul Konseibo), le renforcements des capacités du personnel, la mise à niveau du matériel, … Autant de chantiers qui ont conduit la présidente du CSC à dire que l’agenda 2012 est bien garni. « Mais je suis persuadée que nous allons encore relever le défi », foi de Béatrice Damiba.

Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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