Pétrole: la crise gagne du terrain

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Les conséquences de l’augmentation des couts de l’essence nées de la décision des autorités nigérianes de suspendre la subvention début janvier 2012 semblent ne pas se limiter au Nigéria. L’épidémie s’étend à d’autres pays du continent. Du Bénin en Tanzanie en passant par la Centrafrique, les prix flambent au risque de susciter des mouvements sociaux de grande envergure.

Alors que le Nigéria connaît des violences inter-communautaires dans sa patrie septentrionale, orchestrées par la secte Boko Haram, les autorités nigérianes font face à une grève des syndicats et de la société civile qui se généralise au détriment de la même paix sociale.

La décision du gouvernement de suspendre la subvention des hydrocarbures entraînant du même coup une hausse vertigineuse des prix de l’essence a créé des conséquences au-delà des attentes. Sans doute les autorités ne s’attendaient guère à une aussi grande mobilisation  contre cette mesure encore moins un affront aussi puissant qui menacerait la production du brut.

En attendant de voir si les négociations pourront sortir les Nigérians de l’auberge, les revendications des manifestants sont sans appel: l’abrogation de la mesure, la reprise de la subvention, afin de permettre l’accès à cette denrée aux 120 millions de personnes.

L’huile versée sur le feu, s’est répandue dans d’autres pays à cause du crépitement qu’elle a produit. Plusieurs pays africains enregistrent l’augmentation du prix de l’essence, et la colère des consommateurs.

En provenance de Lagos, l’essence de contrebande très prisée au Bénin a triplé en juste quelques jours (1,22 euro), donc plus chère que l’essence des stations services. En rappel, le litre est passé de 0,30 à 0,66 euro au Nigéria à cause de la suppression de la subvention.

A Bangui, en Centrafrique, le litre a augmenté de 30 F CFA ce qui a entraîné la grève des taxis le 4 janvier dernier. Le cours mondial du baril de pétrole a également amené les autorités centrafricaines à rehausser les tarifs à la pompe. Les menaces iraniennes de fermer le détroit d’Ormuz y sont aussi pour quelque chose.

Les pays africains qui ont toujours eu recours aux subventions pour amortir le cout des hydrocarbures et accroître le pouvoir d’achat des populations sont de plus en plus confrontés à une croissance de celles-ci. Ce qui risque de ne pas être socialement tenable à long terme. Les subventions sont donc petit à petit abandonnées et il est indispensable d’y trouver des alternatives viables.

Source : JA

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