Nord du Mali: quelle politique contre les rebelles ?

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L'armée malienne. Photo:essor.ml

Le MNLA est une formation politico-militaire fortement structurée, née fin 2011 de la fusion de plusieurs factions de combattants touaregs dont le Mouvement touareg du Nord-Mali (MTNM) et le Mouvement national de l’Azawad (MNA). La tension est restée perceptible depuis l’échec des négociations de novembre 2011 entre Bamako et ces Touaregs.

L’insurrection touarèg du MNLA a donné sérieusement du fil à retordre à l’armée régulière,  qui malgré sa souveraineté a du mal à contenir l’action rebelle. Menaka, Aguelhok et Tessalit sont les villes qui ont connu les foudres des attaques meurtrière des derniers jours.

D’aucuns n’hésitent pas à dire que le Mali est sous la menace de la rébellion touarèg, d’où la question de savoir de quelle intelligence, quelle force, quelle politique dispose le gouvernement du Mali face à cette menace devenue réelle depuis quelques jours.

Si tant est que l’armée régulière est formée dans les règles normales pour protéger et défendre le territoire et les populations, l’on comprend difficilement sa défaillance à combattre les insurgés touaregs. Leur action est connue, leur but aussi. Peut-être leurs techniques également,  puisque que leur existence ne date pas d’aujourd’hui. Le front c’est la région de Gao et leurs les cibles, les villes de la zone.

Au lieu donc d’attendre l’attaque de certains postes de sécurité avant de lancer une réplique comme ce fut le cas récemment, le gouvernement pouvait plutôt prévenir. Est-ce impossible de déployer d’énormes moyens, un arsenal militaire d’envergure capable de répondre à tout assaut rebelle dans la région ?

Une zone à fort potentiel AQMI

Cela en vaudrait la peine, au nom, non seulement de la protection des populations, mais encore de la défense de la souveraineté de l’Etat et de l’intégrité du territoire, ce qui n’exclut pas le privilège du dialogue tant prôné par le président Amadou Toumani Touré (ATT).

Au regard des conséquences de ces dernières attaques rebelles, des doutes émergent quant à l’efficacité de cette politique de la négociation avec les adversaires qui n’en veulent réellement pas vraiment. Ils auront l’audace et toujours la possibilité de se trouver les moyens de leurs actions comme ca a été le  cas  pour le retour ou l’arrivée des libyens et Touaregs de la Libye. Ce d’autant plus qu’il s’agit d’une zone à très fort potentiel AQMI.

L’insurrection touarèg qui s’était endormie en 2009 au nord Mali après l’Accord d’Alger, rappelle l’importance de se rendre compte que les groupes extrémistes, séparatistes ou terroristes agissent selon l’humeur du moment et en toute opportunité.

La récente attaque, au-delà des motivations des auteurs, pèse lourd, très lourd sur la démarche malienne dans la gestion du dossier touareg qui remonte aux années Indépendance. Elle intervient à quatre mois de la présidentielle et risque de léguer des ennuis sérieux au président qui sera élu ; ATT n’étant pas candidat.

Crainte d’un héritage lourd

Dans la perspective d’éviter un héritage empoisonné s’il est élu, Ibrahima Boubacar Keita (IBK) président de l’Assemblée nationale et ancien Premier ministre, candidat à l’élection présidentielle d’avril prochain a lancé un appel à l’unité nationale aux patriotes contre ce qu’il appelle ‘’la quatrième rébellion de l’histoire’’.

Pire que cet héritage explosif, les candidats déclarés craignent désormais d’ailleurs que cette rébellion ne renvoie aux calendes grecques le scrutin présidentiel. Cette résurgence touarèg inquiète également les autres pays du Sahel qui craignent une propagation du conflit et/ou ses répercussions.

Qu’ils soient mieux entraînés en Libye et lourdement armés par le conflit libyen comme le soutiennent certains analystes, spécialistes et historiens, ces rebelles ne seraient tout de même pas invincibles. Ils mènent une guerre de sécession au motif clairement défini, la création d’un Etat propre à eux les Touaregs qui accuse Bamako d’avoir abandonné leur région à la paupérisation, revendication rejetée par les autorités.

Estimés à un million ou un million et demi, ces Touaregs se retrouvent sur une grande superficie au Nord-Ouest de l’Afrique, sur près de 2,5 millions de km2 (zone de peuplement traditionnel), répartis entre le Burkina Faso, la Libye, l’Algérie, le Mali et le Niger.

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