Proche et moyen – Orient : le foyer de la division des grandes puissances (3)

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Carte de la Syrie. Photo : linternaute.com

Voilà près d’une année que dure la contestation en Syrie contre le régime de Bachar Al-Assad, une période pendant laquelle, l’occident et les défenseurs des droits de l’Homme ont déchanté  et condamné la répression dont sont victimes les manifestants.

La situation en Syrie a embarrassé la diplomatie internationale et empoisonné par moment à des degrés divers les relations entre les grandes puissances du monde ; d’un côté les Occidentaux (France, Etats-Unis, Grande Bretagne, Allemagne) et de l’autre, la Chine et la Russie.

La contestation en Syrie a atteint les 6000 tués sous le regard indigné de la communauté internationale. Une communauté qui peine sérieusement à trouver un compromis pour des raisons essentiellement géostratégiques.

 La très forte présence américaine en Asie n’est pas du tout du goût de son rival russe qui se voit perdre imminemment la guerre hégémonique qui se mène depuis la guerre froide des années 50.

Une première résolution a été proposée par la France et la Grande Bretagne et appuyées l’Oncle Sam. Elle s’est cependant  heurtée au véto russe. En effet la Russie s’est dite toujours opposée à toute résolution des Nations unies condamnant la répression ou le régime Assad.

 Refus de toute intervention militaire étrangère

 Au summum de la condamnation occidentale de la répression en Syrie, la Russie avait déployé un navire de guerre sur les côtes syriennes de la Méditerranée pour rééditer son refus de toute intervention militaire étrangère dans le pays.

Elle est prête avec l’appui ou non de sa voisine Chinoise, à aller jusqu’au bout dans sa position, afin de préserver d’abord les intérêts économique et commerciaux qu’elle entretient avec la Syrie d’Assad, ensuite maintenir ou conforter sa position, son emprise, sa présence dans la zone et enfin, réaffirmer et accroître son hégémonie au proche et moyen Orient.

La Russie a préféré l’ingérence de la Ligue arabe qui ne constitue pas de menace pour elle ou du moins à priori, que celle des États-Unis, un adversaire historique. Malheureusement, le régime Assad, fort de ce soutien inconditionnel russe, ne s’est plié à aucun appel à la fin des violences.

La Ligue arabe, après les échecs répétés de plans de sortie de crise proposés à Bachar Al-Assad, surtout avec la récente perte de confiance de la mission des observateurs, s’en réfère au Conseil de sécurité des Nations unies. Elle espère là, trouver l’arsenal de pression nécessaire en vue de faire fléchir Al-Assad.

 

Bachar Al-Assad. Photo:voltairenet.org

Dernier bouclier diplomatique de Bachar Al-Assad

 

Déjà, les trois alliés (Washington, Londres et Paris) soutiennent ce mardi 31 janvier 2012 le plan de la Ligue arabe qui prévoit la fin des violences et le transfert du pouvoir de Bachar à son Vice-président avant l’ouverture de négociations avec l’opposition.

La Russie a encore réaffirmé, la Libye ayant fait école, son opposition au nouveau projet de résolution qu’elle qualifie de similaire à celui proposé par les Occidentaux en octobre et qui a rencontré le double véto russe et chinois. Elle a prévenu qu’elle ne signera pas le projet de résolution exigeant le départ de Bachar Al-Assad.

Une chose est certaine, après 5 400 morts depuis mars 2011, la répression s’est intensifiée dans le pays suite au départ des missionnaires arabes. La Russie est le dernier bouclier diplomatique de Bachar Al-Assad tout comme la Syrie est le dernier partenaire économique et allié traditionnel de Moscou dans la région. L’on comprend aisément la position russe sur la Syrie.

La région est une zone très stratégique du fait des enjeux pétroliers, une zone d’exercice des pouvoirs tous azimuts. Le nucléaire et Israël constituent aussi des enjeux non négligeables qui rendent cette zone extrêmement sensible.

 Et aussi longtemps que demeurera la division entre les Grands, et que résonnera la discordance des voix, les morts s’amoncèleront au détriment non seulement de l’opposition syrienne mais aussi des droits de l’Homme.



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