Festival « Rendez-vous chez nous » : une plateforme d’expression plurielle

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Pour sa 3e édition, le premier festival des arts de la rue du Burkina Faso a tenu à marquer de façon explosive le lancement de ses activités. Premières actions de taille, une grande parade suivie d’une conférence de presse. Des moments importants pour une manifestation qui prend déjà son envol.

Partie de l’Institut Français de Ouagadougou, une grande foule d’artistes a damé le macadam jusqu’au quartier Gounghin Nord (place de la femme, face au siège de l’association Face ô scéno). Cette parade qui est une tradition a été suivie par l’ensemble de la population. Tout au long du parcours (Institut Français, Place du 02 octobre, Bataille du rail, Pont Kadiogo, Direction Générale des routes, Place de la femme), un grand nombre de passants s’est massé aux abords de la voie. D’autres n’ont pas hésité à se joindre à cette immense procession qui a drainé, en plus des citadins et autres artistes, des festivaliers venus du Niger, du Mali, de la Côte-d’Ivoire, de la France, du Canada, du Bénin, du Maroc, de la Suisse, du Tchad et de la Corée du sud.

Lors de la conférence de presse, les organisateurs sont revenus sur leur volonté de mener à bien ce projet malgré les multiples difficultés qu’ils rencontrent. Sur un budget de près de 250 000 000 de francs CFA, les fonds réunis pour le lancement de cette édition est de 20 000 000 de francs CFA. Le reste de ces apports s’exprime en valorisation. Cette valorisation se rapporte surtout aux frais de billets d’avion qu’ont payé de nombreux participants bénévoles qui se sont déplacés des autres régions du monde pour prendre part à cette manifestation.

En rappel, le festival « Rendez-vous chez nous » est organisé par l’Association Arts, Clowns, Marionnettes et Musiques Dans Nos Rues (ACMUR). Elle a pour mission de mettre à la portée des populations des différentes villes et de différents espaces, des spectacles de qualité. En d’autres termes, cette association vise à démocratiser les différentes pratiques artistiques et les mettre hors les murs. Pour rendre leurs actions plus porteuses de dynamisme, les organisateurs de cette manifestation mettent en place des actions de médiation. Avant et après chaque édition, une équipe de médiateurs artistiques et d’artistes se déplacent à la rencontre des habitants, autorités coutumières et politiques, commerçants, élèves et étudiants qui reçoivent les spectacles dans leur quartier, leur village ou leur établissement. Les spectacles ont donc lieu avec l’aval de la population.

Prévu pour se tenir du 03 au 05 février à Bobo-Dioulasso et du 08 au 12 février à Ouagadougou et ses environnants, ce festival s’articule autour d’ateliers de conte, de jeu d’acteur, de one man show, de manipulation de marionnettes géantes, de fanfare, de la régie des arts de rue, de la vidéo, etc. Des ateliers de création ont aussi regroupé des enfants des écoles autour du projet du « Livre qui parle » et à la réalisation de l’installation Magic Forest.

Au total, les populations des différentes régions traversées pourront apprécier, en plus de Faso Kombat, Alif Naba, Sissao et Victor Démé qui constituent les têtes d’affiche  de ce festival, des spectacles comme les marionnettes géantes de Boromo, le Théâtre (Jazz) de Théâtre Acclamations et La grande saga de la Françafrique de la Compagnie les 3 points de suspension (Suisse/France),  la danse contemporaine (Seul) de la Compagnie Sombo, etc. sont des attractions qui ne manqueront pas de tenir en haleine le public.

Belle initiative, ACMUR mérite plus qu’une lettre d’encouragement. elle a surtout besoin d’argent et du soutien de tous pour véritablement prendre son envol. Cependant, les organisateurs devraient prendre des dispositions afin que le nombre assez élevé d’activités ne constitue pas un blocage pour cet envol.

 Rialé

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Rialé est artiste-comédien et résidant a Ouagadougou.

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