Présidentielle au Sénégal : Portraits de candidats favoris

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Le 26 février prochain, les sénégalais seront appelés à élire celui qui, cinq ans durant, présidera à leur destinée. Jamais une élection présidentielle dans ce pays n’aura fait couler autant d’encre, même pas celle de 2000 qui consacra l’alternance avec l’arrivée au pouvoir de la coalition sopi.

 L’enjeu de cette élection est grand tant les positions de part et d’autre se sont cristallisées. Cette cristallisation a donné lieu à de vives contestations populaires suite à la validation de la candidature de Me Abdoulaye Wade ; lesquelles manifestations ont fait couler larmes et sang car il ya eu au cours de ces manifestations (à Dakar la capitale et à l’intérieur du pays), un total de cinq morts et des dizaines de blessés. Cette contestation n’a pas conduit le président sortant à revenir sur sa candidature, bien au contraire. On note que rien n’a été changé sur le calendrier électoral et que la campagne a été officiellement ouverte ce dimanche 05 Février 2012.

C’est alors dans un tel contexte où se mêle contestation et campagne politique que le Sénégal vivra les prochains jours. Notons qu’aucun des candidats ne compte boycotter le scrutin et que les candidats de l’opposition ont bel et bien entamé cette campagne par un grand meeting commun le jour même de l’ouverture de la campagne où ils ont fait vœux d’union et  annoncé un certain nombre d’actions communes tout au long de cette période.Le président candidat de son côté a tenu un meeting à l’intérieur du pays pour lancer sa campagne. Signalons enfin que tous les candidats ont usé de leurs droits d’antenne (radio et télévision): pour chacun, diffuser un premier message de campagne, lesquels messages ont tous abordé le contexte particulier de cette élection avant de décliner les grands axes de leurs programmes.

Des quatorze candidats en lice, il se dégage un certain nombre de noms qui, sauf par extraordinaire, le 26 Février prochain, sont susceptibles de l’emporter. On peut alors affirmer sans grand risque de se tromper que le prochain président sénégalais en sera issu. Qui sont-ils ? Crescendo, Burkina 24 va revenir sur leurs cursus, carrières professionnels. Cette fois, nous vous présentons un bref portrait du Président sortant,  Me Abdoulaye Wade.

Bien que sa candidature fasse l’objet de contestations, il reste l’un des personnage les plus importants de la scène politique sénégalaise.
Elu président depuis le 1er Avril 2000 face à Abdou Diouf le président sortant d’alors, l’homme est un vieux routier de la politique dont il maîtrise toutes les arcades.


Né le 29 Mai 1926 à Kébemer (ville du nord-ouest du Sénégal), Abdoulaye Wade peut se prévaloir d’un parcours politique sans égal au Sénégal. Après l’obtention de son diplôme de fin d’études à l’école normale William Ponty de Sébikotane en 1947, il ira poursuivre ses études en France. De 1952 à 1953 il obtint plusieurs certificats dans différentes facultés de l’université de Besançon. En 1959, il soutient sa thèse de doctorat à l’université de Grenoble et obtint ainsi le grade de docteur en Droit et Sciences économiques.
A la fin de ses études, il exerce pendant un temps en France en tant qu’avocat avant de faire son retour au pays pour y exercer toujours comme avocat mais en plus comme enseignant chercheur à l’université Cheick Anta Diop de Dakar.
Ses débuts en politique se feront en 1973 en tant que responsable du parti socialiste (parti de Senghor et d’Abdou Diouf). Un an plus tard, il fonde son parti, le parti démocratique sénégalais (PDS) qui lui permet d’accéder quelques temps après à l’assemblée nationale. C’est alors que commence cette carrière d’opposant qui a fait de lui le président de l’alternance. En 1978, il se présente à sa première élection présidentielle sans succès mais, il n’en sort que plus déterminé car il se représente à nouveau en 1983, en 1988 et en 1993 avec toujours le même résultat.
A la faveur d’un gouvernement d’union nationale, Wade fait en Avril 1991 son entrée au gouvernement en tant que ministre d’état auprès de la présidence de la république jusqu’en 1992. Il revint au même poste quelques années plus tard (1995 à 1997).
Le 15 Mai 1993, soupçonné d’avoir commandité l’assassinat de Me Babacar Sèye, vice-président du conseil constitutionnel de l’époque, Abdoulaye Wade et trois autres membres de son parti, sont mis aux arrêts puis relâchés trois jours plus tard pour manque de preuve. Cette affaire fera tâche d’huile dans sa carrière car aiguisant la suspicion à son encontre jusqu’à aujourd’hui.
Cette vie d’opposant sera couronnée lors de l’élection présidentielle de 2000 : Wade obtint 58,1% des suffrages au second tour face à Abdou Diouf, il sera investit le 1er Avril 2000. Depuis lors, il imprimera une manière de gouverner bien à lui, qui aboutira à une instabilité de la vie politique sénégalaise de nos jours. Plusieurs modifications constitutionnelles ont notamment eu lieu sous sa présidence.
Toutefois, « Gorgui », comme on l’appelle, ira aux élections avec un bilan qui en terme de réalisations infrastructurelles est étoffé mais qui, sur le plan social reste très mitigé car au sein de la population, on sent un sentiment de plus en plus croissant de rejet à son encontre et qui souvent fait regretter à beaucoup de sénégalais l’époque du président Diouf. L’une des causes de ce rejet est l’accusation à son encontre de vouloir à terme céder sa place à son fils Karim Wade.

Youssouf Bâ

Correspondant à Dakar

Youssouf Bâ

Juriste, Spécialisé en Droit de l'Intégration. Journaliste, Poète.

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