Déclarations d’un rebelle malien dans la presse burkinabè : « Elles ne doivent plus se répéter », selon Djibrill Bassolet.

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Dans son édition du jeudi 9 février dernier, notre confrère L’Observateur Paalga publiait un entretien avec un colonel de l’armée malienne, converti à la rébellion et réfugié au Burkina. Ce dernier, Hassane Ag Medhy ou le « Colonel Jimmy », y déclarait que la solution à l’actuelle crise qui secoue le Mali passe par l’indépendance du Nord Mali. Le Ministre des affaires étrangères et de la coopération régionale, Djibrill Bassolet, ne l’a pas appréciée et l’a fait savoir lors d’une conférence de presse organisée dans l’après-midi de ce vendredi 10 février 2012.

Djibrill Bassolet, ministre des Affaires étrangères du Burkina Ph : africatime.com

A l’origine, la conférence de presse de ce vendredi était destinée à faire le point sur les dispositions prises par le Burkina pour faire face à l’arrivée de réfugiés venant du Mali, fuyant les affrontements au Nord du pays entre l’armée régulière et les groupes touaregs armés du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA). Mais cette phrase du Ministre des affaires étrangères, Djibrill Bassolet, va focaliser les débats sur un seul point : « Les personnes réfugiées doivent s’abstenir de tout acte ou propos susceptibles de porter atteinte à la sécurité ou à la stabilité du Mali (…)»

« Nous  n’accepterons plus que ce genre de déclarations soient faites au Burkina ! »

Les questions et les relances débitées comme le staccato d’une mitraillette des journalistes porteront sur l’entretien du Colonel Jimmy paru dans la presse. Et Bassolet de répondre d’abord : « Je tiens à préciser que cette déclaration est parue dans une presse privée et non dans un média d’Etat ». Mais encore ? « Je vous laisse apprécier ». Et ? « En tant que gouvernants, nous voulons rappeler aux uns et autres leur obligation de réserve. Il (le colonel) a l’obligation de s’abstenir de tout acte ou propos qui pourrait concourir à exacerber la situation au Mali ». Les journalistes n’ont pas trouvé cette réponse suffisante. Alors, Djibrill Bassolet est sorti un peu de son costume diplomate : « Ces déclarations sont condamnables et sont à interdire. A partir de maintenant, nous n’accepterons plus que ce genre de déclarations soient faites au Burkina ! » Voilà qui est clair !

 

Le Colonel Jimmy entendu

Mais qu’est-ce qui a été réservé au Colonel Jimmy. « Si ces déclarations devraient porter atteinte  à la confiance qu’il y a entre le Mali et le Burkina, nous prendrons les mesures appropriées ». Oui, mais en attendant ? « L’intéressé a été interpellé par les services de sécurité pour qu’il s’explique », a fini par lâcher Djibrill Bassolet, tout en indiquant que ce n’est pas ce qui est vraiment important pour l’instant.

Environ 10 000 réfugiés

L’important, ce sont ces 10 000 réfugiés maliens, dont 72 militaires et paramilitaires, qui sont actuellement au Burkina. Selon Djibrill Bassolet, toutes les mesures ont été prises pour enregistrer les arrivants et les fouiller pour éviter toute infiltration d’armes au Burkina. « Le dispositif de défense est efficace » dira Djibrill Bassolet en ce qui concerne ce dernier point, du moins pour éviter que des groupes armés utilisent le Burkina comme base arrière. Enfin, le ministre a trouvé impératif « l’arrêt immédiat des hostilités de la part des parties belligérantes dans le Nord Mali », tout en précisant que le Burkina « travaillera » avec le Mali et ses amis et les pays voisins « pour le retour de la paix ».

 

 

 



Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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