An I de la chute de Moubarak : La révolution égytienne encore loin de la gare de la démocratie ?

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Ils pensaient tuer le monstre de la dictature en coupant sa tête un 11 février 2011. Le 11 février 2012, ils se sont rendu compte qu’ils n’ont fait que racler le sommet enneigé de la montagne monstrueuse. Un an après la chute d’Hosni Moubarak, la révolution égyptienne n’a pas encore honoré sa promesse de démocratie et de stabilité …

Hosni Moubarak, le président égyptien déchu Ph : Centpapiers.com

Le 11 février 2011, la place Tahrir rugissait de joie et s’éclairait de milles lueurs qui célébraient un évènement de taille : Hosni Moubarak, au pouvoir depuis de longues années, a enfin rendu le tablier. La révolution égyptienne, qui s’était imbibée des revendicatrices fumées des restes calcinés de Mohamed Bouazzizi, croyait enfin arrivée l’ère de la démocratie. Ainsi que de ses accessoires : baisse du chômage, conditions de vie plus acceptables, plus de libertés, plus d’expression, baisse de la corruption, bref la libération.

Bilan mitigé

Mais un an plus tard, le constat est plutôt mitigé. Une amertume qui donne l’impression qu’au lieu de faire tomber le Kilimandjaro de la dictature, les révolutionnaires n’ont fait qu’en racler le sommet enneigé. La montagne est toujours là, solide sur ses jarrets : l’armée égyptienne porte toujours les rudiments du régime haï par les Egyptiens.

Outre cette montagne, des fissures se font voir au sein des révolutionnaires. Si la confrérie des Frères musulmans est plutôt satisfaite des récentes élections législatives, l’heure n’est pas au contentement dans le rang des mouvements pro-démocratiques. Ces derniers ont d’ailleurs envahi la place Tahrir et réclament un parachèvement de la révolution égyptienne et le départ du Conseil suprême des forces armées (CSFA).

L’ombre de Moubarak ?

Et si l’ombre d’Hosni Moubarak, s’élevant depuis la prison où on l’a enfermé, s’abattait sur l’Egypte et provoquait cette éclipse qui empêche de voir poindre le soleil de la démocratie ? Le raïs serait-il alors plus nuisible loin de son trône ?

Entre la main-mise de l’armée, le fantôme d’Hosni Moubarak et les divisions entre les frères révolutionnaires, le peuple égyptien devra faire un choix pour que sa révolution ne se racornisse plus à la simple expression de révolte. Désordonnée et sans portée.

Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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