SCAAD : Quand le Burkina quitte le prêt-à-porter pour le sur mesure

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Top, c’est parti !  Le Burkina Faso est en train de troquer le Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP) contre la Stratégie de croissance accélérée pour le développement durable (SCADD). Le but, être le plus proche possible des réalités du Burkina afin de leur trouver des solutions. Ce qui permettrait de faire du « pays des hommes intègres », un pays émergent. Bref, on quitte du prêt-à-porter pour du sur mesure. Mais il faudrait faire attention aux coups de ciseaux…

 

Selon le gouvernement, le CSLP était bien. On a un peu gagné quelque chose de bon en 10 ans d’application. Toutefois, au bout de cette décennie à lutiner la pauvreté, celle-ci a fini par venir à bout du cadre malgré toutes ses stratégies. Il faut maintenant penser à autre chose, d’autant plus que les Burkinabè sont de plus en plus aigris, de moins en moins intègres et fortement toujours aussi pauvres.

Le CSLP sur le banc des accusés

On  reproche également au CSLP qu’il ne permet pas d’atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) et qu’il n’a pas su empêcher une croissance démographique accélérée. Sans compter que l’économie est faible et qu’il lui faut une sacrée dose de remontant pour qu’elle puisse se remettre d’aplomb.
Enfin, il faut tenir compte des Burkinabè qui grognent de plus en plus et qui ont fichu une sacrée trouille au régime  lors des premiers mois de vagissements de l’année 2011.
Si ces difficultés ont été indiquées dans le curriculum vitae du CSLP et qu’on a décidé de le remercier après 10 ans de bons et loyaux services, c’est qu’on lui a trouvé une alternative pour répondre aux doléances de développement des Burkinabè.
Le  Premier ministre Luc Adolphe Tiao est allé à l’Hexagone, avec une armada de responsables ministériels, vanter les mérites de la SCADD (c’est elle l’alternative) aux partenaires si techniques et financiers. Quatre mille milliards de F CFA, cela ne se ramasse pas comme des pousses de cacahuètes après une première pluie. Selon les échos, les PTF sont prêts à payer les poches de perfusion de la SCADD.

La SCADD contre l’immersion ?

Tant mieux. Ce que le gouvernement dit de la SCADD est plutôt alléchant : valoriser les hommes (donc réduire le chômage et améliorer les revenus), mettre l’accent sur les secteurs prioritaires, améliorer la gouvernance et prendre en compte le genre, l’environnement, la population, etc. Bref, un costume un peu plus conforme aux mensurations du Burkina Faso.
Beau costume en effet, mais toujours sur le papier du couturier. Le Burkinabè a ses attentes. Il ne faudrait pas que le compteur de la croissance s’accélère jusqu’à en sauter ses aiguilles alors que ce Burkinabè trouve toujours des difficultés à avoir plus de 100 000 F CFA par an. Il ne faudrait pas sortir citer des chiffres mirobolants pendant que les malades continuent de dormir dans les couloirs sales d’hôpitaux dit grands, faute de lit. Ne venez surtout pas dire à un mécanicien assis au coin de la rue que la gouvernance s’est améliorée, pendant que des fonctionnaires de cycle C roulent avec des véhicules de milliardaires en pétrodollars. Bref, les attentes sont nombreuses.
Et le couturier a intérêt à ne pas se mêler les ciseaux. Dans tous les cas, on croise les aiguilles et souhaite de tout cœur que d’ici 2025, les Burkinabè émergent enfin de … l’immersion !  

Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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