L’édition de livres scolaires : L’Afrique noire n’est pas encore partie

La conception et l’édition des livres  des programmes scolaires d’un grand nombre de pays d’Afrique noire française sont, dans l’imaginaire du commun des citoyens, une activité réalisée sur la terre de nos ancêtres. Pourtant, la réalité est toute autre.

Quelques jours après la triennale qui a réuni de nombreux spécialistes de l’enseignement à Ouagadougou, le gouvernement burkinabè lors du conseil des ministres, en sa séance ordinaire du 22 février 2012 a annoncé une grande commande de documents scolaires. Il s’agit d’une opération pour l’acquisition de « trois cent soixante deux mille six cent quatre vingt quatorze (362 694) manuels du second cycle de l’enseignement secondaire auprofit du ministère des Enseignements secondaires et supérieur avec l’éditeur HACHETTE LIVRE INTERNATIONAL pour un montant de un milliard sept cent trois millions cinq cent quatre vingt treize mille huit cent vingt deux (1 703 593 822 fCFA) hors taxes hors douanes avec un délai de livraison de cent vingt (120) jours. Le financement est assuré par l’Agence internationale de développement (IDA) et le Royaume des Pays-Bas. » Cette action vise, à n’en point douter, à améliorer la qualité de l’enseignement dans notre pays. Cependant, la présence de ces genres de maisons d’édition dans presque tous les pays d’Afrique noire, frise un paternalisme de l’occident sur l’éducation africaine. En effet, elles deviennent le concepteur des contenus de ces ouvrages. Elles peuvent donc se permettre de tronquer l’histoire nationale enseignée dans ces ouvrages. Cette mainmise est accentuée par le bon vouloir des bailleurs de fonds qui ménagent ces maisons d’édition qui imposent ce qu’ils pensent être profitable aux pays pauvres qui ne sont pas en mesure de commander d’eux-mêmes ces manuels.  

            Cette situation pousse ces maisons d’édition à penser et parfois à proférer des propos désobligeants à l’égard des africains. Nous avons pour exemple l’intervention de Jean-Michel OLLE, directeur international d’Hachette International dans Le Monde.fr qui soulignait que « Pour être un bon auteur de livres scolaires, il faut avoir de la fantaisie, de l’imagination et donc disposer d’une certaine liberté, ce qui est loin d’être toujours le cas en Afrique ». Et Patrick DUBS, Directeur Général d’Hachette International de s’offusquer lorsque, par souci d’un semblant d’équilibre, la Banque Mondiale suscite des candidatures parmi les imprimeurs locaux. Que penser de tels propos ? Est-ce un manque d’intellectuels compétents pour concevoir des documents liés à leur réalité afin de donner des enseignements appropriés à leurs enfants ?

            Les seuls vrais complices de tels propos tenus plus haut par le sieur Jean-Michel OLLE sont les dirigeants africains. Ils doivent, en premier lieu, apprendre à faire confiance à leurs chercheurs et autres intellectuels dont les trouvailles sont parfois reléguées aux oubliettes. Ensuite, ils doivent travailler à se soustraire économiquement des institutions de Bretonwood qui sont les seuls vrais maîtres de l’avenir de nos pays. Leurs enfants n’en seront pas épargnés. Ils en payeront le prix fort.

 

Rialé



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Rialé est artiste-comédien et résidant a Ouagadougou.

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2 commentaires

  1. Portant je pense qu’en Afrique y bien d’Africain qui peuvent bien concevoir et ?diter nos livres de bon qualit? en Afrique.
    Les Id?es,les ?quipements,la main ouvre et tous les peuvent rester en Afrique.

    Disponible pour mettre mon expertise de la cha?ne graphique dans tous les projets et Pays d’Afrique noire pour livre scolaire.

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