Livre: “Je suis étonné moi-même de l’importance prise par l’Afrique dans l’ensemble de mes écrits » raconte l’auteur Jean-Louis ROY

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couverture du nouvelle ouvrage de Jean-Louis Roy 
 
« Aussi bien le confesser franchement, je suis étonné moi-même de l’importance prise par l’Afrique dans l’ensemble de mes écrits ». C’est par ces mots que notre illustre interlocuteur monsieur Jean-Louis ROY fait le bilan de sa rencontre avec notre continent l’Afrique de 1971 à 2011. En plus d’être à la fois Historien, Enseignant-Chercheur, Journaliste, Diplomate et Ecrivain, M. ROY est un explorateur contemporain, un admirateur de l’Afrique à qui nous avons pu parler au détour de la présentation de son dernier ouvrage intitulé « Ma rencontre avec un continent, écris sur l’Afrique de 1971 à 2011 » paru chez l’éditeur sénégalais « Feu de brousse ».  Voici l’intégralité de l’entretien que nous a accordé l’auteur lors du lancement de l’ouvrage le 22 février à Paris.

Burkina24 (B24): Monsieur ROY, vous êtes à Paris pour la présentation de votre dernier ouvrage intitulé : « Ma rencontre avec un continent », pourquoi Paris pour lancer cet ouvrage ?

Jean-Louïs ROY (JLR): La séquence prévue était la suivante : lancement à Dakar le 16 février, à Paris le 22 du même mois, et à Montréal le 12 avril. Les évènements du Sénégal ont bousculé nos plans.

B24 : Racontez-nous votre première rencontre avec notre continent, l’Afrique ?

 JLR : Je suis allé en Afrique une première fois en 1982. J’étais alors le directeur du journal politique montréalais Le Devoir et me suis rendu au Mali et au Niger avec d’autres éditeurs de quotidiens nord-américains à l’invitation de la Banque Mondiale. Mais depuis longtemps, dans ma famille, on parlait des sociétés africaines et notamment grâce aux missionnaires québécois qui y vivaient en très grand nombre, plus de 10,000 avant la grande guerre. Depuis, le continent m’est devenu familier…j’ai dû y faire au moins 200 déplacements et ai visité tous les pays africains sauf trois d’entre eux.

B24 : Parlez-nous un peu de votre livre, de 1971 à 2011: Quel regard portez-vous sur l’Afrique durant ces 40 ans de rencontre avec l’Afrique ?

 JLR: Comme je l’explique dans l’Avant-propos, je suis passé d’une époque de ma vie où le continent était lointain dans mes préoccupations, recherches et interventions, à une autre ou il m’est devenu proche et inséparable. Je l’ai beaucoup étudié et beaucoup fréquenté. Le livre montre cette évolution.

B24 : Dans votre ouvrage, deux sujets nous intéressent particulièrement. Le pèlerin noir et l’histoire du pèlerinage de Kankan Moussa.

 JLR : Je suis historien. Il était donc normal que je m’intéresse à l’histoire du continent. Dans cette histoire, il y a celle du Kankan Moussa, jeune chef africain qui, au XIVe siècle a fait le grand pèlerinage, de la frontière actuelle entre le Mali et la Guinée à La Mecque. Même aujourd’hui ce voyage, par terre, serait tout à fait hors norme.   Mon livre Le pèlerin noir raconte cette histoire vraie et remarquable. Les faits relatés dans les chroniques du temps constituent l’armature du livre, le reste a été tout simplement imaginé par l’auteur. Écrire ce livre a été une aventure exceptionnelle…connaitre l’Afrique avant l’esclavage et avant la colonisation, l’Afrique souveraine, ses modes de gouvernance, des vastes ressources : l’or, les bois précieux, le sel  n’a pas fini de me séduire. Il s’agit d’un mythe fondateur de l’histoire africaine et il doit être connu de tous les africains…c’est aussi une très belle histoire.

B24 : En temps qu’ancien Secrétaire général de l’Agence intergouvernementale de la francophonie (1990-1998), quel bilan faites vous de l’apport de cette organisation sur l’évolution de l’Afrique francophone de 1971 à nos jours ?

 JLR : L’Afrique a beaucoup donné à la francophonie. Ce sont des africains qui, les premiers l’ont pensée, voulue et enfin créée à Niamey en 1969-70. Depuis, la francophonie a été, pour plus de 75% du temps, dirigée par des africains et son agenda a fait, en permanence, une place substantielle à l’Afrique. En retour, la francophonie a beaucoup apporté aux pays dits francophones du continent.  En retour, je crois juste d’affirmer que la francophonie a beaucoup apporté à ces pays dans les domaines de l’éducation, de la culture, de la communication et des nouvelles technologies, parmi bien d’autres domaines. Elle a aussi soutenu ses institutions : parlements, cours de justice, bibliothèque, centres culturels et ses grandes manifestations culturelles dont le FESPACO.

B24 : On remarque une certaine longueur d’avance en matière de développement économique des pays africains du Commonwealth par rapport à ceux de le Francophonie. Comment comprenez-vous cette avance de phase ?

 JLR : Vos références sont trop globales. Certains pays anglophones réussissent bien, d’autres beaucoup moins. Il en va de même pour les pays francophones.

B24 : En plus d’être historien et diplomate, vous êtes aussi connu comme un homme de culture. Vous avez travaillé notamment pour la mise en place de la CINEMATHÈQUE du plus grand festival de cinéma d’Afrique qu’est le FESPACO. Quelles sont les motivations qui ont conduit à la réalisation de ce projet et qu’elle est sa plus value pour le rayonnement de la culture africaine ?

JLR : Vous avez raison. J’ai fermement soutenu le projet de la cinémathèque africaine. Il me semblait normal que les images produites dans et sur le continent soient gardées sur le continent. Au plan patrimonial, cela s’imposait. Aussi, au plan économique. En effet, les images sont aujourd’hui une vraie matière du commerce dans le domaine de la culture audiovisuelle. Et pourquoi donc d’autres exploiteraient, à leur profit, le patrimoine immatériel africain ?

B24 : Vous avez aussi travaillé pour l’éducation en Afrique, notamment avec la fondation Solidarité qui soutient l’éducation au Burkina et au Cameroun. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette fondation et ses réalisations ?

 JLR : La fondation Partenariat-Solidarité que j’ai créée finance la scolarisation au niveau secondaire de jeunes filles au Burkina et je suis très fier de son rayonnement.

B24 : Après cet ouvrage, quels sont vos futurs projets pour l’Afrique ?

JLR : Garder le lien, promouvoir l’investissement sur le continent et le juste prix pour ses ressources dont le monde a un impérieux besoin. En ce sens, les pays du continent regroupés au plan régional disposent d’avantages dans la négociation qu’ils n’ont jamais eus.

B24 : Un dernier mot à l’endroit de BURKINA24 et de ses lecteurs ?

JLR : Des salutations chaleureuses. Des encouragements aussi et notamment pour les jeunes tant l’avenir du continent est prometteur. Je leur dis d’entreprendre, de persévérer et de réussir.

B24: Merci Monsieur ROY pour votre disponibilité.

Entretien réalisé  par Hubert  D. COMPAORE,

Correspondant de Burkina 24 à Paris.



Hubert DeLorenzo COMPAORE

Correspondant de Burkina 24 en France

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