Financement de la présidentielle 2007 par la Libye : L’électorat de Sarkozy risque de s’effriter

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Les temps forts des les relations franco-libyennes (Sarkozy et Kadhafi). Photo archives JA

Alors que le président français Nicolas Sarkozy, candidat à sa propre succession en pleine campagne, peine à relever sa côte de popularité, l’affaire de financement supposé de sa campagne de 2007 par le régime de Kadhafi ressurgit ce 12 mars 2012. Sarkozy nie tout en bloc et s’en prend même  à la journaliste qui lui en a posé la question sur TF1.

 

Selon Médiapart, Nicolas Sarkozy aurait reçu un soutien financier du régime de Kadhafi à hauteur de quelque 50 millions d’euros pour battre en 2007 sa campagne à l’élection présidentielle qui l’a porté à la tête de l’Elysée pour un premier mandat.

 

Le site d’information français dit disposer de preuves suffisantes pour vérifier ses révélations à l’encontre du candidat de l’UMP à la présidentielle d’avril prochain. Elles feront plus ou moins foi en l’absence de celle du guide lui-même qui n’est plus ou de son fils muselé par la détention.

 

En sus, le fils du guide libyen, Saif Al-Islam Kadhafi évoquait lui aussi, sur Euronews en mars 2011 au summum de la contestation en Libye et en plein conflit avec la France, le financement de la campagne de Sarkozy par son père.

 

«C’est nous qui avons financé sa campagne. Nous en avons la preuve. Nous sommes prêts à tout révéler (…) La première chose que nous demandons à ce clown, c’est de rendre l’argent au peuple libyen (…) Rendez-nous notre argent. Nous avons tous les détails, les comptes bancaires, les documents, et les opérations de transfert. Nous révèlerons tout prochainement », avait soutenu le fils Kadhafi.

 

Plusieurs sources tendent plutôt à soutenir les faits que le président Sarkozy n’est guère prêt ni préparé à reconnaître, campagne présidentielle actuelle oblige. Pendant ce temps, le camp adverse s’en réjouit, lui qui demandait déjà des explications au président.

Le document dont s’est procuré Médiapart fait allusion de façon on ne peut claire à des transactions orchestrées entre Saif Al-islam Kadhafi et Brice Hortefeux proche du président français, via Ziad Takieddine, ce marchand d’armes libanais inculpé dans l’affaire de l’attentat de Karachi (où onze Français avaient été tués en 2002).

A un mois de l’élection présidentielle, cette affaire vient entacher la crédibilité du président candidat dont les sondages ne sont  d’ailleurs pas tout à fait favorables. Tout argument est bon pour se défendre afin de conserver un tant soit peu l’électorat qui était jusque-là acquis à sa cause. Le président français sortant ne manque de mot pour cela.

La France de Sarkozy a été un acteur de premier plan dans la guerre de l’OTAN contre le guide libyen, la chute de son régime et sa mort. L’ingratitude serait à son comble si s’avéraient réelles ces allégations.

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