L’opposition réformiste divisée

490 0
Clôture des assises nationales sur les réformes politiques au palais des sports de Ouaga 2000. ph. L'Evènement.

La création du Comité consultatif sur les réformes politique (CCRP) avait fini par mettre largement en exergue les divisions entre partis politiques de l’opposition burkinabé. Il y avait d’un côté ceux qui considéraient qu’au-delà des cadres partisans il fallait que les partis adhèrent à l’esprit de recherche de la paix et de la cohésion sociale qui fondait la proposition de Réformes politiques proposées par le Président Blaise Compaoré et de l’autre côté, les radicaux qui estimaient que le CCRP n’était pas un cadre approprié pour asseoir des reformes sincères. Les premiers n’ont pas caché leur envie d’aller vers le CCRP. Ils seront taxés par les radicaux, de sous-fifres à la solde de Blaise Compaoré, de crèves-la-dalle et d’inconséquents politiques. Leur participation a accouché de plusieurs propositions de réformes. Bientôt une application de ces réformes devrait avoir lieu, mais avant, il faut constituer un comité de suivi. Pour ce faire, l’opposition réformiste est divisée. Qu’est-ce qui ne va pas ?

Le Mardi 13 Mars dernier, 12 des 22 partis politiques d’opposition ayant pris part au processus de réformes politiques ont rencontré les médias pour parler d’un problème qui aurait surgi entre eux et les 10 autres restant au moment du choix de leurs représentants pour le compte du comité de suivi des réformes politiques.

Les faits

Selon les conférenciers du jour, 20 des 22 partis politiques de l’opposition ayant pris part aux réformes ont procédé le 14 février 2012 à la désignation de leurs représentants. Leur choix : Maxime Kaboré du PIB, Adama Séré du RDEBF, et Nayatingougou Congo Kaboré du MTP.

El Hadj Mamadou Kabré, chef de file des interlocuteurs des médias, a précisé qu’il y avait comme préalable à toute désignation, un règlement intérieur consensuel qui permet de suivre pas à pas les personnes qui seront mandatées pour les travaux de suivi du comité. Le groupe des 12 partis mécontents annonce que les trois personnes ont quand même été désignées conformément au calendrier du ministère chargé des réformes politiques mais qu’elles devraient se soumettre quelques jours plus tard à la signature du règlement intérieur.  Selon eux, ils ont été trahis par les trois mandatées puisqu’au cours d’une rencontre, elles ont « rejeté tout principe de règlement intérieur ».

Pas besoin d’aller plus loin, les 12 prennent acte de cet « abus de confiance pour une mission qui n’a même pas encore commencé », et déclarent que leur devoir était de « dénoncer cette forfaiture, cette manière de faire de la politique qui engendre les démons de la discorde ».

Le groupe affirme avoir officiellement adressé, le 21 février, une lettre de récusation des sieurs Maxime, Adama et Congo au Ministre en charge des réformes politiques et s’étonne que le Gouvernement ait procédé, malgré tout, le 7 mars 2012 à l’installation du Comité de suivi et d’évaluation de la mise en œuvre des recommandations.

Ils invitent par ailleurs le Premier ministre à s’impliquer pour la résolution de ces malentendus qui engagent tout le Burkina Faso.

L’autre camp

De l’autre côté, les mandatés sont sereins. Pour eux, ils ont été désignés après un vote en bonne et due forme: (Maxime kaboré: 18 voix; Adama Séré: 18 voix; Congo Kaboré: 08 voix) en présence du Ministère des réformes politiques et du groupe qui les récuse aujourd’hui. Il s’avèrerait en effet que des contestataires du groupe des 12 étaient candidats pour les postes au sein du Comité mais n’ont pas eu assez de voix pour être élus. Des voix s’élèvent donc du côté des victorieux du « tandem » pour dire que la démarche actuelle des 12 vient de la déception de leurs meneurs qui n’ont pas pu se faire élire au sein du Comité. L’argument du Règlement intérieur ne tient donc pas selon eux.



Article similaire

Leave a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *