Seydou Traoré, ancien International: “J’accorde une marge de confiance de 50% à Paul Put”

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Seydou Traoré ©Burkina24

Ancien international burkinabé de la génération de ceux qui ont fait la fierté du football burkinabé, Seydou Traoré était l’invité de la rédaction de Burkina 24 ce samedi 24 mars. Après le Qatar où il a séjourné en tant que joueur, puis membre de l’équipe d’encadrement de son club, cet homme en qui vibre encore la fibre patriotique vit depuis quelques mois au pays. Il aurait peut-être pu faire partie de l’encadrement des Étalons. A propos du choix de Paul Put, il nous a confié le fond de sa pensée en toute franchise, impatient qu’il est de voir ce que le nouveau manager apportera de plus au Onze national.

Burkina24 (B24) : La fédération burkinabè de football vient de s’attacher les services du Belge Paul Put pour entrainer les Etalons, pensez vous que ce dernier peut conduire les Etalons à la Can 2013 et franchir le 1er Tour ?

Seydou Traoré (ST) : Franchement c’est notre souhait. Si la fédération et le ministère ont choisi cet entraîneur c’est qu’ils ont estimé qu’il avait les qualités pour nous amener là où nous ne sommes pas encore arrivés. Ce qui veut dire que les objectifs sont clairs : nous qualifier d’abord pour la CAN et aller au second tour de la coupe du monde, les tours qualificatifs. Ils ont étudié son dossier et s’ils ont trouvé que c’est lui qui peut faire l’affaire, on ne peut que les soutenir et attendre ce qui va se passer.

 

B24: Sidi Napon  avec qui vous jouez en équipe nationale est son adjoint. Comment appréciez-vous la nomination de ce dernier à aux côtés de Paul Put ?

 ST: Pour moi c’est une très bonne chose. Le fait de penser à avoir un ancien, c’est déjà important. Ça veut dire qu’il y a quelque chose qui est en train de se passer au Burkina Faso. Auparavant l’entraîneur venait avec ses adjoints, des expatriés. Maintenant le fait de mettre un Burkinabé comme adjoint c’est une très bonne chose. Et pour moi Sidi Napon c’est un bon choix. C’est à lui maintenant d’ouvrir la porte aux autres. Ce qui est important c’est l’image qu’il doit donner et le boulot. Comme je sais que c’est un très bon bosseur, j’espère qu’il va mettre sa discipline au service des joueurs.

B24: Beaucoup de personnes pensent qu’il faut confier l’équipe nationale à des entraîneurs locaux. Pensez vous que les entraineurs Burkinabè ont les capacités pour entrainés une sélection nationale et les Etalons en particulier ?

ST: Bien sûr. Ça se voit un peu partout. Si ce n’est pas en Afrique, dans les autres pays, les gens prennent toujours un entraîneur local. Que ce soit en Europe, que ce soit au Brésil. C’est rare de voir une Européen entraîner une équipe brésilienne. Pour moi c’est mieux de prendre un Africain, parce qu’il connait mieux son pays, il connait mieux les joueurs, leur système de vie et leurs tactiques. Aujourd’hui on va prendre un étranger, un Belge comme entraîneur, qu’est-ce qu’il connait de nous ? Il ne connait rien. Il est obligé de demander par-ci par là, et à force de demander, il va faire des mauvais choix. Mais l’entraîneur local qui est là sur place, il connait bien les joueurs et n’a pas besoin de demander à quelqu’un. Il peut demander des conseils, mais ses décisions quand il va les prendre ce sera en âme et conscience. C’est la différence avec l’entraîneur expatrié. Pour moi il faut un entraîneur local pour entraîner une équipe africaine. Franchement.

 

B24: Seydou Traoré a été joueur et à la fin de sa carrière il était également entraîneur, pourquoi ne s’est t-il pas intéressé à l’encadrement technique des Étalons ?

      ST: Si je ne me suis pas intéressé c’est dû au fait que j’avais encore envie d’apprendre. J’ai quand même passé deux ans avec les juniors de mon ex équipe au Koweït, et après je suis passé comme entraîneur adjoint de l’équipe première. J’avais déjà quelque chose en moi. Quand je suis arrivé au Burkina, mon truc ce n’était pas d’entraîner l’équipe nationale. Ma préoccupation était de voir comment fonctionne le foot burkinabé. Mais cela ne veut pas dire que je néglige l’aspect technique. L’aspect technique est en moi déjà. Mais l’aspect administratif si je maîtrise cela, ce sera un plus pour moi. Donc au fur et à mesure je verrai quoi faire. Je me suis donné une petite marge, dans deux ans, peut-être dans trois ans pour voir ce qui est possible de faire. Donc l’encadrement technique ce n’était pas trop mon intention.

 

      B24: Ne souhaitez vous pas prendre un jour en main la sélection nationale?

      ST: Oui. Pourquoi pas ? On ne dit jamais « jamais ». Je me dis que mon temps n’est pas encore arrivé. J’ai encore besoin d’un petit temps, le temps de voir ce qui se passe au Burkina Faso, dans l’aspect management, dans l’aspect de l’administration, dans l’aspect technique et tactique, essayer de voir comment ça fonctionne avant de m’engager à fond.

 

B24: Phillipe Troussier qui vous a entrainé avait été annoncé au départ. Est-ce que vous pensez qu’avec lui, le Burkina Faso pouvait rééditer l’exploit de 1998 ?

      ST: Ça devait être un peu difficile. J’étais un peu sceptique parce que Troussier, je ne sais pas s’il a encore cette envie-là. L’envie qu’il avait auparavant, elle est différente de maintenant. Phillipe Troussier a beaucoup tourné : il a entraîné à Marseille, il a entraîné le Japon, il est allé en Chine, il a un peu tourné partout. Donc cette envie qu’il avait au moment de prendre la sélection burkinabè, il ne l’a peut-être plus. Donc ça devait être un peu difficile qu’il réédite cet exploit-là. Mais je me dis que s’il était prêt à revenir , il avait aussi ses idées derrière. Seulement comme je l’ai dit, je me demande s’il a toujours l’envie et la rage qu’il avait en son temps.

 

      B24: Entre Drissa Traoré dit Saboteur et Phillipe Troussier, quel est l’homme qui vous a le plus marqué et pourquoi ?

      ST: Pour moi je dis que c’est Saboteur qui m’a le plus marqué. Parce que d’abord Saboteur venait de nulle part. Je veux dire que Troussier est venu trouvé un groupe qui était là. On avait déjà certaines qualités et lui il nous a travaillés psychologiquement. Saboteur il l’avait fait auparavant.  Troussier entre temps est venu nous permettre de croire en nos qualités. Mais pour moi c’est Saboteur qui m’a marqué. Le fait de prendre une équipe de nulle part et essayer de jouer la qualification contre le Maroc, la Côte d’Ivoire, c’était des équipe en ce moment là qui étaient déjà fortes : le Maroc était toujours en coupe du monde et la Côte d’Ivoire était toujours qualifiée pour la coupe d’Afrique. Donc vous voyez que dans cette poule là si un entraîneur à pu sortir de là et premier de sa poule, c’est qu’il a fait du bon boulot. Donc quelque part il nous a motivés, il nous a fait croire qu’on avait les mêmes qualités que les autres et, même plus, que si on se donnait on pouvait encore gagner. Donc c’est lui qui m’a marqué.

 

B24: Comment est ce que vous avez intégré l’encadrement technique de votre club au Quatar ?

 ST: Ça s’est très bien passé. C’est un club dans lequel j’ai joué pendant sept ans. Quand je devais arrêté on ma dit « on a encore besoin de tes services. Si tu arrêtes, au lieu que tu retournes au pays, nous on va te mettre dans l’encadrement parce que personne ne veut que tu partes. On va te mettre avec les juniors, pendant ce temps tu va chercher ton diplôme ». Et c’est ce qui a été fait. Quand j’ai arrêté j’ai commencé avec les juniors, j’ai cherché mon diplôme. Après j’ai eu mon diplôme et j’ai fait deux ans avec eux pendant lesquels je suis passé en équipe première. L’entraîneur qui était là avait besoin de moi parce que tous les joueurs qui étaient là, j’avais joué avec eux et ils me respectaient beaucoup. Et moi je savais quelles qualités ils avaient et celles qu’ils n’avaient pas. J’essayais de les remonter psychologiquement avant chaque match. Sur le plan de l’entraînement, j’étais présent et j’étais proche des joueurs pour savoir ce qui n’allait pas. Les joueurs étaient contents de ce que je faisais, même les joueurs qui ne jouaient pas. Il y en a qui ne jouent pas pendant 5 ou 6 match, ils sont fâchés et faut savoir les remonter. Tout ça c’était mon boulot. J’ai beaucoup appris aussi sur le plan de l’entraînement.

Mais cette année je suis venu parce que entre temps mon entraîneur principal a eu des problèmes de santé et il est parti à Londres pour se faire soigner pour un an. Le club a pris un nouvel entraîneur croate qui ne voulait plus travailler avec le staff qui était là. Donc j’ai décidé de retourner au pays. J’avais déjà appris quelque chose et je suis venu voir ici ce que je peux faire, si je peux mettre en pratique ce que j’ai appris.

B24: Pour finir, dites-nous quelle marge de confiance vous accordez au nouvel entraîneur des Étalons.

ST: Je ne saurai quoi dire. Tant qu’il n’a pas commencer le boulot, il me sera difficile de lui faire confiance. Mais si les gars l’ont pris, ils savent pourquoi. Donc je lui accorde une marge de confiance de 50%. Je ne veux pas trop parlé, mais il vient du championnat belge, il a entraîner la Gambie… Mais la Gambie est allée où ? Ce qui est sûr on attendant de voir sur le terrain comment ça va se passer.

 

Entretien réalisé par la rédaction de Burkina 24         

et retranscrit par Justin Yarga

Dieudonné LANKOANDE

M. Lankoandé est passionné de web2.0 et de stratégies marketing (Marketing/web & Community Management) propre au secteur on line, domaine dans lequel il a plusieurs années d’expériences.

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