MACKY SALL : De Fatick au palais de la République

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Ce lundi 2  Avril, Dakar s’est réveillée sous une pluie comme pour annoncer un événement spécial. En effet, ce jour a vu se tenir la cérémonie d’investiture du nouveau président de la République du Sénégal MACKY SALL, ainsi que la passation de pourvoir entre ce dernier, et le président sortant Me ABDOULAYE WADE. Dès le lendemain de son investiture, il a procédé à la nomination du premier ministre : Abdoul Mbaye Ancien Directeur de la CBEAO.

Qui est MACKY  SALL le désormais quatrième président de la république du Sénégal?

Né le 11 décembre 1961à Fatick, commune dont il fut le maire Macky Sall est issu d’une famille de quatre enfants.

Fils de Amadou Abdoul Sall,manœuvre dans la fonction publique, puis gardien ; et de, Coumba Thimbo, également, vendeuse d’arachides, Il a grandi à Fatick puis dans le Fouta.

Alors que son père était membre de Parti socialiste (PS), Macky Sall fréquente les maoïstes au lycée de Kaolack, puis entre durant ses études à l’Université de Dakar, dans le mouvement marxiste-léniniste, And-Jëf, auprès de Landing Savané. Il s’en éloigne rapidement, ne partageant pas l’idée du mouvement, ni la stratégie de Savané de boycott du scrutin de 1983 contre le PS, lors duquel il vote pour le libéral Abdoulaye Wade, de même qu’en 1988.

Il poursuit sa formation, et finira ingénieur géologue, géophysicien formé à l’Institut des sciences de la terre (IST) de Dakar, puis à l’École nationale supérieure du pétrole et des moteurs (ENSPM) de l’Institut français du pétrole (IFP) de Paris.

Il adhère à la fin des années 1980 au Parti démocratique sénégalais (PDS) de Wade qui le repère.

En 1998, il est secrétaire général de la Convention régionale du PDS de Fatick et président de la cellule Initiatives et Stratégies. Il reste fidèle à son leader, en devenant président des cadres du parti, et participe à ce titre à la campagne du « Sopi » de l’élection présidentielle sénégalaise de 2000 qui porte Abdoulaye Wade à la tête du pays

Proche collaborateur du nouveau président, il devient de décembre 2000 à juillet 2001, directeur général de la Société des pétroles du Sénégal (PETROSEN), dans laquelle il a occupé le poste de chef de la division Banque de données pendant plusieurs années, et conseiller spécial du président de la République, chargé de l’Énergie et des Mines, d’avril 2000 à mai 2001.

De mai 2001 à novembre 2002, il est ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Hydraulique. Il remplace le professeur Abdoulaye Bathily qui deviendra vice-président de l’Assemblée nationale.

De novembre 2002 à août 2003, il est ministre d’État, ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Hydraulique dans le gouvernement dirigé par Mame Madior Boye.

D’août 2003 à avril 2004, il est ministre d’État, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, porte-parole du gouvernement d’Idrissa Seck. Il sera remplacé à ce poste par Ousmane Ngom. Parallèlement, il est nommé vice-président du comité directeur du Parti démocratique sénégalais(PDS) en avril 2004.

Le 21 avril 2004 Macky Sall est nommé Premier ministre. Il occupe ce poste jusqu’au 19 juin 2007, détenant le record de longévité des Premiers ministres de Wade. Peu connu, il s’impose lors de son premier discours de politique générale face aux ténors de l’opposition. Puis, il met en œuvre les projets présidentiels mis en sommeil par Idrissa Seck : autoroute, corniche de Dakar, nouvel aéroport.

Il conduit la campagne pour la réélection d’Abdoulaye Wade en 2007, mais voit ses relations se tendre avec le président réélu.

Il n’est pas reconduit à la primature, remplacé par Cheikh Hadjibou Soumaré. Il se rabat sur l’Assemblée nationale, dont, seul candidat, il est élu le 20 juin 2007 à la présidence, par 143 voix sur 146 votants.

Mais la rupture est consommée quand il convoque Karim Wade, fils du président de la République, à l’Assemblée nationale pour audition sur les travaux de l’ANOCI (Agence nationale de l’Organisation de la conférence islamique). Face à son refus de démissionner de ses fonctions, son poste de numéro 2 du PDS est supprimé, le mandat du président de l’Assemblée nationale est  réduit de cinq à un an, et il est accusé de blanchiment d’argent, dossier pour lequel il obtient un non-lieu

Le 9 novembre 2008 il annonce quitter le Parti démocratique sénégalais (PDS) et abandonner tous les postes qu’il occupe grâce à ce parti.

Le 1er décembre de la même année, il crée, avec une trentaine de cadres du PDS, le parti politique Alliance pour la République (APR-Yaakaar) qui, lors des élections locales du 22 mars 2009, a remporté toutes les localités de Fatick, son fief, la ville de Gossas, douze collectivités locales au Nord du pays, trois au Sud. Aussi toutes les grandes villes du pays dans le cadre d’une coalition formée avec les autres partis membres de Bennoo Siggil Senegaal.

Avec en ligne de mire l’élection présidentielle sénégalaise de 2012, il sillonne les campagnes sénégalaises et va à la rencontre de la diaspora dans les grandes villes mondiales. En 2010, un sondage en vue de la présidentielle le place en tête à Dakar et sa région.

Introverti et peu charismatique, on lui reconnaît intégrité et compétence. Peulh, cet homme marié et père de trois enfants est polyglotte (pulaar, wolof, sérère, français et anglais), il incarne également un renouvellement de génération dans la politique sénégalaise.

Candidat de la coalition « Macky 2012 », avec pour slogan « La voie du véritable développement », il mène campagne à travers le pays sans couper avec le mouvement d’opposition du 23-Juin (M23), qui se contente de manifester à Dakar en faveur de l’invalidation de la candidature d’Abdoulaye Wade à un troisième mandat. Il arrive en deuxième position au premier tour, avec 26,58 % des voix, contre 34,81 % pour le président sortant.

Dans l’entre-deux-tours, il réunit tous les candidats battus dans la coalition Benno Bokk Yakkar (« Unis pour le même espoir », en wolof) et remporte le second tour, le 25 mars, face à celui qui a été son mentor, celui-ci l’appelant le soir même pour le féliciter, avant la proclamation officielle des résultats par le Conseil constitutionnel (avec 65,80% des voix, contre 34,20% pour le président sortant)

 

Youssouf Bâ

Correspondant de B24 à Dakar.

Youssouf Bâ

Juriste, Spécialisé en Droit de l'Intégration. Journaliste, Poète.

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