Mali : la junte traîne les pas, les sanctions de la CEDEAO sème la confusion

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Photo jeuneafrique.com

La confusion règne à Bamako ainsi que dans beaucoup d’autres villes du Mali après l’entrée en vigueur des sanctions prévues par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à l’expiration de l’ultimatum lundi dernier. AQMI, indépendantistes et salafistes sème la confusion au nord.

La CEDEAO qui a condamné le coup entend par l’application de ces mesures prises, isoler le Mali sur le plan économique, financier et diplomatique et contraindre la junte à quitter le pouvoir et le retour à l’ordre constitutionnel. Des sanctions soutenues par l’Union africaine (UA) qui les a d’ailleurs élargies aux rebelles touaregs et combattants islamistes dans le nord du pays.

Le gel des avoirs ciblé à la BCEAO, la fermeture des frontières d’avec le Mali, l’interdiction de voyager aux putschistes et ceux qui les soutiennent et surtout l’enclavement commercial par l’interdiction d’accès aux ports maritimes des pays membres, a créé une psychose au sein des populations. Elles se ruent dans les stations services, boutiques et banques pour s’approvisionner en produits essentiels dont les prix ont d’un coup augmenté, ainsi qu’en argent liquide.

Légitimer le coup d’Etat

Une confusion se sent partout dans le pays et jumelée par endroits aux pillages surtout dans les villes conquises ces derniers jours par les indépendantistes et les islamistes dans la moitié nord où les vivres commencent déjà à manquer.

C’est dans ce contexte de pression de toute part (l’avancée des combattants du nord, les sanctions communautaires et internationales) que la junte convoque ce jeudi une convention nationale qui devra rapidement rétablir l’autorité de l’État et menace ATT de poursuites pour “malversations” et “haute trahison”.

Cette convention nationale à laquelle le chef de la junte, le capitaine Sanogo invite «l’ensemble de la classe politique et tous les acteurs de la société civile à se faire représenter, sans exception aucune» pour  la prise de décision consensuelles et démocratiques, a pour but aussi de forger une sortie honorable pour les putschistes en tentant de légitimer le coup d’Etat du 22 mars dernier.

«Le Mali n’est pas en mesure de supporter ces sanctions», a reconnu Sanogo, surtout au moment où les autorités font face à de sérieux revers au nord avec une débandade de l’armée régulière face aux Touaregs et aux salafistes.

Ce jeudi toujours se réunissent à Abidjan les Chefs d’Etat major des la CEDEAO, en vue donner leur feu vert à la levée d’une force de 3 000 hommes, alors que les combattants touaregs et islamistes ont cessé leur progression au nord, les premiers estimant leur objectif atteint, les seconds une pause tactique.

La communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest pourrait avoir le feu vert du conseil de sécurité des Nations unies pour intervenir militairement.

 

 

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