Mali : triomphe de la CEDEAO, fin du Mali 1 241 238 kilomètres carrés?

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© BURKINA24

Le Mali revient à une situation institutionnelle. Et cela grâce à qui ? A la chevalière CEDEAO et au super président médiateur burkinabè. Elle qu’on avait traitée de chiffe molle lors des crises ivoirienne et libyenne, vient ainsi de mettre au pas une junte militaire. Très-bien, pourrait-on dire. Sauf que…

Les militaires ont cédé le pouvoir aux civils. Lauriers pour la CEDEAO. Pour une fois, elle a pu donner de la voix  dans une situation africaine qui doit être réglée par des Africains. Avis peut-être pour dire  que désormais il en serait ainsi.

Toutefois, il faut biaiser cette impression. Tout d’abord, on était face à une junte non maximaliste et aux abois. Celle-ci s’est comportée comme une fourmi qui a chapardé un œuf d’autruche et qui se rend compte qu’elle ne saura pas quoi en faire. En plus de cela, l’œuf est brûlant, aussi chaud que la déclaration de l’indépendance de l’Azawad. En termes populaires, « la junte se cherchait ».

Autre chose, une fois de plus, la CEDEAO est arrivée à cet accord grâce en partie à l’incontournable communauté internationale. Les appels du pied qui ont fusé de Paris et de Washington ont pesé beaucoup dans la capitulation des pustchistes.

Quoi qu’il en soit, la junte est out du pouvoir. C’est déjà cela. Mais peut-être que le plus dur reste à faire et se résume en une phrase : organiser les élections et unifier le pays. Et apparemment, tous les moyens sont bons, même tordre un peu le cou aux lois.

L’impression se dégage en effet que l’accord signé entre la junte et la CEDEAO a pris la place de la loi fondamentale malienne. Concernant l’organisation future des élections, le président de l’Assemblée nationale qui assurera l’intérim ne pourra pas organiser les élections dans les 40 jours comme constitutionnellement spécifié. Ensuite, le régime vire au parlementarisme anglais avec un Premier ministre plénipotentiaire. Ce qui est contraire à l’avis de la Constitution. Un Premier ministre qui ne viendra même pas du choix malien mais de celui du facilitateur burkinabé. Et pour clore la boucle, on accorde une amnistie à la junte militaire, sans demander l’avis du peuple malien.

Curieuses thérapies qu’inflige actuellement la CEDEAO au Mali! Les conséquences ne se feront pas attendre une fois que les maliens apercevront le subterfuge. Leurs réactions ne seront pas molles à l’encontre de l’institution et de son facilitateur en chef.

Elections et unification du pays : arlésienne

Une transition politique version longue ? La question est plus que pertinente puisque le pays est divisé en deux, des milliers de maliens ont fui leur territoire et l’organisation d’une élection parait insensée dans ces conditions sans  un nouveau fichier électoral.

Plusieurs interrogations  n’ont pas trouvé réponses à travers les accords signés entre Djibril Bassolé et la junte. Elles demeurent:

Le Mali est-il définitivement divisé en deux ? Si tel est le cas la CEDEAO, Blaise Compaoré, la France et la communauté internationale sont coupables de complicité avec la rébellion touareg. On comprend dès lors pourquoi on ne parle pas, depuis le début des négociations, de réunification du pays.

La transition politique aura-t-elle pour but de redéfinir les nouvelles frontières du Mali, de concocter un fichier électoral tenant compte de ces frontières ? Bingo!

Ce qui est certain c’est que la junte s’en sort à bon compte. Pas de poursuites donc pas d’inquiétudes. Amadou Toumani Touré a eu enfin sa retraite. Il s’en sort moralement et psychologiquement égratigné mais à bon compte tout de même. Enfin, de nouveaux lauriers sur la couronne du médiateur, Blaise Compaoré et de son envoyé spécial Djibril Bassolé.  Ils auront réalisé l’une des plus rapides médiations de l’histoire. L’avenir nous dira ce qu’elle aura apporté au Mali.

 

 

 

Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

Il y a 1 commentaire

  1. Ce ne sont pas des palliatifs que nous souhaitons pour le Mali, parce que la trouvaille de la CEDEAO et de son “messi” Blaise COMPAORE, toujours en qu?te d’une nouvelle virginit? ne nous rassure pas. Si la division du Mali est consomm?e, cela voudrait dire qu’on l?gitime la cr?ation d??tats terroristes, parce que c’est ainsi que je vois MMLA qui s’en d?fend maladroitement. Toute l’Afrique de l’ouest est en danger, donc une intervention militaire pour r?unifier le Pays est un DEVOIR POUR LA CEDEAO.

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