MNLA – Ansar Dine : l’improbable alliance du diable sur l’avenir de l’Azawad

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Azawad dans la carte du Mali. Image:courrierinternational.com

Alors que les autorités de transition maliennes peinent à sortir de l’ornière à Bamako, le Mouvement national de libération de  l’Azawad (MNLA) tente d’établir un rapprochement avec le groupe Ansar Dine de  Iyad ag Ghali pour la gestion du Nord dont il a proclamé l’indépendance.  

Le MNLA essaie de convaincre Iyad ag Ghali de s’allier à lui pour gouverner l’Azawad indépendant au détriment d’AQMI, en attendant la reconquête du Nord par l’armée malienne. L’alliance semble pourtant improbable au regard des objectifs divergents entre des deux.

Tandis que les Hommes du MNLA ont combattu l’armée malienne pour libérer la région de l’Azawad avec des objectifs purement et nettement indépendantistes, d’auto-détermination économique et politique du ‘’nouveau territoire’’, Ansar Dine a, quant à lui, toujours poursuivi des visées islamistes.

L’instauration de la Charia au Mali et non dans l’Azawad seulement est son objectif plutôt que l’indépendance de ce dernier. Néanmoins la ‘’libération’’ de cette zone a permis au groupe islamiste d’expérimenter son mode de gouvernance qui gagne déjà du terrain dans plusieurs villes de la zone conquise.

Ce qui se serait fait et se fait toujours avec l’appui d’Al-Qaeda au Maghreb islamique (AQMI), un mouvement islamiste aussi et terroriste venu d’Orient. L’alliance paraît plus évidente entre Ansar Dine et AQMI qui au moins ont un dénominateur  commun pour ainsi dire, qu’entre le MNLA et Ansar Dine qui eux se sont retrouvés par hasard sur le terrain du combat.

Des enjeux égoïstes

D’ailleurs le MNLA s’est  toujours et dès le début démarqué d’AQMI, qui du reste est dans la ligne de mire de toutes les politiques occidentales, orientales et même africaines. Une alliance ne serait donc pas à l’ordre du jour, au contraire, un clash est plutôt envisageable entre ces deux, tant les enjeux partisans sont chèrement protégés.

La situation reste conflictuelle si bien que rien n’est certain dans les tentatives de transactions guerrières des groupes au Nord Mali. Les conditions d’une alliance avec le MNLA, c’est entre autres, l’acceptation de la Charia comme mode de gouvernance.

Le MNLA s’est dit prêt à concéder l’islam comme religion officielle dans un cadre démocratique. Une grosse concession qui ne suffit pourtant pas car il refuse la Charia, et demande même à l’éventuel allié Ansar Dine de l’aider à combattre AQMI.

Le mouvement salafiste se dit serein. Il tient non seulement à sa Charia, mais n’est pas non plus prêt à se retourner contre son partenaire AQMI qui a combattu à ses côtés contre l’armée malienne. Les divergences sont assez fortes pour qu’une ‘’alliance du diable’’ ne se fasse pas, même si les tractations se poursuivent.

Les autorités transitoires maliennes gagneraient à accélérer le processus de transition  pour le rétablissement véritable de la paix et le retour du Nord au Mali avant que les différents groupes ne changent d’avis.



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