Même loin de la radio, il croit en sa liberté d’expression! Entretien avec Sam’s K le Jah (2)

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A l’occasion du 11 mai, date anniversaire du décès de Bob Marley, la rédaction de Burkina24 a reçu Sam’s K le Jah. Entre deux villes et deux concerts, cet infatigable rasta que le licenciement de la radio Ouaga Fm n’a pas pu empêcher de poursuivre la prédication de « la bonne parole rastafarienne » a répondu à nos questions dans un franc parlé resté intact. Ce qu’il ne fallait pas rater de cet entretien (2) dans les lignes qui suivent.

 

Burkina24 (B24) : On t’a connu sur le front de la conscientisation dans une radio de la place. Depuis ton licenciement de cette radio, quel canal d’expression as-tu actuellement pour faire passer ton message à ce public qui était accro à ton émission ?

Sam’s K: J’ai plusieurs fois été invité par des associations de jeunes, par des étudiants, pour animer des conférences-débats, des talk-shows et aussi, il y a des concerts que j’organise depuis le début de l’année. On est à plus de dix concerts dans les provinces. J’ai essayé de m’acheter du matériel pour faire du live et avec le groupe on continue nos tournées. Pour le mois de mai par exemple on a cinq concerts.C’est pour dire que je crois en ma liberté d’expression. Si quelqu’un peut m’arracher son micro parce qu’il a une radio, s’il peut me dire: « tu parles plus ici », j’ai d’autres moyens d’expression. Même souvent quand je circule dans la ville et que des jeunes m’arrêtent, on fait une « émission » avant que je continue. Récemment je suis allé dans les villages où j’ai échangé avec des paysans autour du coton, du danger aussi  que beaucoup de « gourous » partent acheter des centaines d’hectares et privent les paysans de terres cultivables. Soit dit en passant, depuis quelque temps j’ai initié une petite ferme où je vais cultiver tranquillement et j’en profite pour causer avec les paysans et les sensibiliser sur les combats que Sankara avait mené pour la protection, la sauvegarde de l’environnement. Le pays est en train d’être détruit. Il n’y a aucune politique de protection de l’environnement.

B24 : L’un des fronts sur lequel tu es engagé est le combat sans relâche pour la justice dans l’affaire Thomas Sankara. Le 26 avril dernier, le procès que beaucoup attendait a finalement été reporté pour des raisons d’absence du rapporteur général. Quel commentaire sur ce report ?

Sam’s K : Quand tu ne connais pas le Burkina, cela te surprend. Connaissant un peu ce que les gens sont dans ce pays, moi je dis qu’il faut rester relaxe. Le système qui a profité de l’assassinat de Thomas Sankara, c’est ce système qui est là aujourd’hui. Donc c’est compliqué qu’il y ait un procès dans cette affaire de Thomas Sankara. Des gens ont usé de tous les subterfuges pour repousser le procès. Mais l’étape actuelle est pourtant très cruciale parce que la famille demande qu’il y ait une expertise ADN de la tombe de Thomas Sankara. Comme on le dit, « c’est là Django va prendre drap ! » Parce qu’il faut qu’on prouve que Sankara est réellement dans cette tombe-là. Et on a les moyens scientifiques aujourd’hui de le faire. Maintenant, il faut que ce soit la justice qui donne l’autorisation de le faire. Mais pourquoi il faut trainer avec ça ? Dans la mesure ou on se dit qu’on est un Etat de droit, c’est un droit pour la famille de savoir où se trouve leur fils qui a disparu depuis le 15 octobre 1987 et plus jamais de nouvelles.

B24 : Tu es particulièrement écouté par la jeunesse pour qui tu restes un modèle. Quel message à l’adresse de cette jeunesse en ce jour d’anniversaire de Bob Marley ?

Sam’s K : Mon message pour la jeunesse est toujours le même : il faut croire en soi, le “self-reliance”, et avoir une conviction. Et comme quelqu’un l’a dit : « rien de grand ne se fait sans passion », il faut avoir de la passion. Un jeune qui n’a pas de passion, il est sans vie. Il faut se trouver une passion et travailler à être le meilleur dans son domaine. Faire aussi de chaque jour un jour d’apprentissage. Moi je ne crois pas à l’échec. Je crois plutôt en l’expérience. Ce qu’on n’a pas réussit aujourd’hui, on réessaie demain.



Justin Yarga

Journaliste web qui teste des outils de Webjournalisme et datajournalisme, Media strategy consultant.

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Il y a 1 commentaire

  1. Big-up grand fr?re! quelques mots, mais tu n’imagines pas ? quel point tu redonnes souffle et espoir……

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