Cocktail infos – De moins en moins de poulets à Ouagadougou

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Les burkinabé sont des accros du poulet flambé. Tellement accros qu’ils font des ravages dans la trentaine de millions de gallinacés produits chaque année au Burkina. Ils n’en trouvent presque plus dans les lieux habituels de vente : les poussins flambés y ont pris le dessus. Il n’y a pas que les poulets qui ne suffisent plus. La viande de chien est à son heure de gloire. Elle ne suffit plus. Ses adeptes sont de plus en plus nombreux et usent de mille stratagèmes pour s’en procurer. Vite ! Un détour à la MACO. Ces derniers mois, des centaines de véhicules rutilantes jonchent les rue attenantes de cette prison ouagalaise. Q’en pensent certains Ouagalais ? 

L’hôpital Blaise Compaoré recevrait plus de termites que de  patients. Que s’y passe-t-il ? Lisez plutôt. 

 De moins en moins de poulets. « Flambés» oblige ?

Les Ouagalais sont férus de poulets au point que ces derniers mois le gallinacé est en voie de disparition dans certains marchés, maquis et jardins de la capitale. Quand on en trouve, ils sont si petits et quasiment inaccessibles de prix. Est mis en cause, la surconsommation du «poulet flambé». La cuisson instantanément à la flamme, des milliers de Ouagalais en raffolent chaque jour et surtout chaque week-end. Une bonne partie des 34 millions de têtes (soit 75 à 80.000 têtes par jour ordinaire) que nous produisons annuellement passe par là. Ce qui expliquerait le fait que l’objet de notre boulimie ne pèse pas bien plus qu’à sa sortie de coquille. Les poulets de chairs ou poulets de blanc ne nous attirent pourtant pas.

Alors si on ne prend garde, dans quelques années seulement on déclarera le poulet burkinabé « disparu ». A moins que nous nous mettions tous dans l’élevage de « poules conventionnelles ».

Le chien plus que jamais prisé

Le chien est de plus en plus consommé dans la cité ouagalaise. C’est devenu carrément un luxe d’en avoir et quand on en mange c’est un exploit que l’on conte sans cesse dans les gargottes. Il est très difficile d’en avoir à Ouagadougou. Du coup, on en importe de Koudougou, Saaba (principale source d’approvisionnement),…. Anciennement prisée par les vieux ou les ”villageois”, la Viande de ” wawaou”, du ”ministre de la défense” ou viande de  ”gardien” ne suffit plus au jeunes. Si certaines personnes passent par des « professionnels » pour s’en procurer, d’autres par contre sont devenus de véritables serials-killers de chiens. Parmi ces assassins d’un nouveau genre, il y a de cyniques stratèges qui n’hésitent pas à balancer sur la voie publique des os pour attirer le canidé. Une fois sur la piste, l’animal a toutes les chances de se faire percuter par un véhicule. A l’affut, le chasseur se précipite sur sa proie. Son premier argument : «  c’est notre chien » (pour justifier son départ accéléré avec le défunt chien).

La Maco ça marche !

C’est chaque fin de semaine que les parents et amis de détenus de la maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO) ont l’occasion d’aller les réconforter, passer du temps avec eux, partager un poulet (c’est selon). S’il y a quelques années on ne trouvait pas un monde spécial devant la maison d’arrêt (d’aucuns disaient que c’est mal vu d’aller voir un parent en ce lieu) ; force est de reconnaitre que depuis un certain moment, un monde fou se présente devant la prison civile ouagalaise.

Les « véhicules 4X4 derniers cris » (Land cruiser V8, Cherokee, Terrano,…) y sont omniprésents. Ce qui fait dire à plus d’un « que n’est pas n’importe qui qui se fait emprisonner à la MACO ». Selon ces derniers, «on y a de nos jours des DG de la Douane, des DAF, des opérateurs économiques, des banquiers, des pasteurs, (…) la vie y est plus douce.». Enfin, quelques mauvais ”esprits” pensent qu’il n’est plus une fatalité de s’y faire interner, surtout pour détournements de deniers publics.

L’hôpital Blaise Compaoré en proie aux toiles d’araignées ?

La première pierre de l’hôpital Blaise Compaoré a été posée le mardi 10 juillet 2007 par le président du Faso himself. Les travaux de construction ont démarré le 12 mars de l’année suivante. Le lundi 25 octobre 2010, son ruban d’inauguration a été coupé. C’est le plus grand centre hospitalier du Burkina. Mais depuis cette date, le HNBC ne reçoit que des consultations externes. Selon plus d’un, les appareils médicaux qui serviraient au total démarrage des activités de l’hôpital ne sont pas complètement acquis. Les rares qui sont au rendez-vous sont inutilisables par nos spécialistes parce qu’étant en langage chinois. Il faudrait que les médecins burkinabé soient initiés avant toute utilisation et ce ne semble pas encore prévu.

En attendant, notre ” hôpital moderne de dernière génération” (c’est l’expression qu’a utilisée le ministre de la Santé, Seydou Bouda, pour désigner l’hôpital lors de son inauguration), fruit de 65 milliards de F CFA d’investissement, croupit sous les toiles d’araignées et les ronges des termites. Le personnel, actuellement dirigé par Alexandre Sanfo se ronge les doigts, attendant les hypothétiques clients à Tingandogo.

 



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