Malawi-UA-El Béchir : une guerre imposée

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Le président soudanais Omar El Béchir. Photo:agoravox.fr

Le Malawi de Joyce Banda a renoncé le vendredi 8 juin 2012 à accueillir le sommet de l’Union africaine (UA) qui devait se tenir dans le pays entre le 9 et le 16 juillet prochain pour dit-on ”ne pas avoir à inviter le président soudanais Omar El Béchir”, sous le coup d’un mandat d’arrêt international.

L’UA a demandé aux autorités malawites d’inviter tous les présidents du continent comme cela l’a été depuis toujours, pour la rencontre prochaine au Malawi. Le pays qui dit vouloir défendre son image à l’international a refusé la condition d’accueillir le président soudanais sur son sol et enfreindre ainsi aux exigences de la Cour pénale internationale.

Il a préféré s’attacher les amours d’une ‘’communauté internationale’’, au détriment de l’entité régionale. D’abord, le Malawi ne veut pas être le prochain pays à ne pas respecter le mandat d’arrêt contre El Béchir qui, depuis l’émission du mandat ne s’est pas inquiété en se rendant chez ses pairs africains.

Ensuite, c’est suite aux appels à ‘’l’international’’ (les grosses voix américaine et européenne de la communauté internationale) que la présidente actuelle du Malawi Joyce Banda a pu accéder aux affaires sans encombre. Elle mène dès lors une guerre imposée au continent.

Eviter un affront avec les ‘’Grands’’

Il n’était pas non plus évident qu’une voix africaine ait pu faire changer la donne au regard de son statut en ce moment-là, exclue du parti au pouvoir. Il fallait donc rendre la monnaie en respectant au moins la volonté des voix qui ont concouru en son positionnement, au-delà du respect de la justice internationale.

Enfin, en plus de toute reconnaissance aux gendarmes du monde, ils sont désormais nombreux mais un seul africain, le refus du Malawi marque le début de la fin d’une impunité transitoire des ‘’chefs’’ impétrants du continent qui s’en sont longtemps servie.

Le pays qui accueillera le sommet de l’UA se verra dos au mur en invitant El Béchir, un affront contre les ‘’Grands’’ qu’il sera assez difficile de supporter ; car la voix de l’Afrique compte toujours à peine dans le concert des Nations en ce qui concerne les questions et les relations internationales.

La géopolitique du continent à l’échelle planétaire semble encore embryonnaire malgré l’expérience acquise depuis des décennies par le fait qu’il soit tous les jours au cœur des évènements. L’Afrique nourrit l’actualité du monde.

Aussi, le Malawi de Joyce Banda préférera rester en contact et bénéficier encore des faveurs de ses partenaires et différents bailleurs de fonds en vue d’asseoir une stabilité économique dans le pays que de consentir à la volonté d’un continent qui ne sera pas en mesure de le défendre.

La décision des autorités du Malawi de renoncer à l’Afrique à cause d’un ‘’colis encombrant’’ émane purement d’une volonté du pays à accompagner le combat de la justice internationale, de la communauté internationale. Une guerre latente que mène le pays et qui n’est pas la sienne.



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