Attaques à la frontière ivoiro-libérienne : Le Burkina, un bouc émissaire passe-partout

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Ph : Koaci.com

Des attaques ont eu lieu à la frontière ivoiro-libérienne. A Abidjan, ce sont des tirs rangés sur la nationalité des mercenaires auteurs de ces attaques qui ont éclaté. Aux autorités officielles qui affirment que ce sont des pro-Gbagbo, le Front populaire ivoirien clame, sûr de lui, qu’il s’agit de mercenaires burkinabè et libériens. A en perdre son baoulé !

C’est à croire que le FPI a une sérieuse dent contre le Burkina Faso ou… contre le premier des Burkinabè ! C’est un secret de polichinelle que les pro-Gbagbo ne chérissent pas particulièrement le président du Faso et étendent ce mal-amour à tous ses compatriotes. Pas étonnant qu’ils pensent et déclarent systématiquement que ces attaques ne peuvent qu’être le fait des « Hommes intègres ».

Le Burkina Faso est donc devenu une sorte de passe-partout que les partisans de Laurent Gbagbo exhibent à tout bout de champ et à tout propos pour expliquer tout mal qui est fait à la Côte d’Ivoire. Ainsi pourrait-on comprendre les raisons avancées pour expliquer cette « invasion » des Burkinabè, un complot ourdi par Alassane Dramane Ouattara  pour « accélérer l’expropriation des paysans autochtones et parachever la colonisation burkinabè en cours pour livrer les ressources nationales aux multinationales » ! Au risque de se tromper, cette phrase prononcée par Laurent Akoun, le Secrétaire général du FPI, ne renferme-t-elle pas des relents de xénophobie et ne fait-elle pas l’aveu que certains Ivoiriens n’ont toujours pas mis aux oubliettes le sanglant concept d’ivoirité ?

Du plomb dans l’aile du processus de réconciliation

Dans ces conditions, il est évident que la réconciliation en Côte d’Ivoire est engagée sur un chemin très cahoteux, semé d’embûches, d’ornières et de ronces. Les pro-Gbagbo ont encore le cœur plein de haine et de méfiance. Mais on ne peut trop leur en vouloir.

On ne peut trop parier que le fait qu’ils pensent que ces attaques sont une mise en scène pour mieux enfoncer le FPI et surtout son leader dans les geôles de la Cour pénale internationale (CPI), n’est pas fondé. Il faut reconnaître que le plan ne manque pas de plausibilité : on simule une tentative de déstabilisation  du pouvoir ADO par Gbagbo, qui entraîne le massacre de population et de Casques bleus, et ainsi, on prouve que l’enfant terrible de Mama a réellement les traits d’un ogre. Facile alors de confirmer ses charges en août prochain  et d’éloigner ainsi la possibilité qui se susurre qu’il pourrait être libéré.

Ces attaques donnent également l’occasion de se débarrasser des encombrants et potentiels dangereux partisans de Gbagbo contre qui on n’a pour l’instant rien à reprocher.

Toutefois, le reproche à ce scénario est qu’il est trop tiré par les cheveux. Il est plus logique d’attribuer ces attaques aux pro-Gbagbo. Où sont entrés les mercenaires libériens pro-Gbagbo qui écumaient la Côte d’Ivoire ? Peut-on donner sa main à couper que les nombreux exilés pro-Gbagbo se terrent les bras croisés ? Et que gagneraient franchement des mercenaires burkinabè à envahir l’ouest de la Côte d’Ivoire ? S’il est vrai que c’est ADO le colonisateur  burkinabè en chef, a-t-il vraiment besoin d’une grotesque et sanglante mise en scène pour piller, comme le soutient Laurent Akoun, les richesses de la Côte d’Ivoire ?

La politique est le fort des politiciens. La manipulation de l’opinion aussi. Il est donc important de savoir trier le grain de l’ivraie…

 

 

 

Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

Il y a 2 commentaires

  1. “Des attaques ont eu lieu ? la fronti?re ivoiro-burkinab?.”

    Ah bon! C’est une erreur ou pas? Le titre dit “Attaques ? la fronti?re ivoiro-lib?rienne”.

    Corrigez SVP.

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