Laïcité au Burkina : Un débat national en septembre prochain

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Bongnessan Arsène Yé, ministre en charge des réformes politiques : "Mieux vaut prévenir que guérir" (Ph. lefaso.net)

La perdrix acquérant de l’expérience en voyant plumer la poule, les autorités burkinabè ont décidé de devancer l’iguane dans l’eau. Un débat national sera organisé dans la première décade de septembre 2012 sur la laïcité au Burkina. Les préparatifs sont confiés au Comité de suivi et d’évaluation de la mise en œuvre des réformes politiques consensuelles, qui a animé une conférence de presse ce vendredi 22 juin 2012 à Ouagadougou.

Présidé par Arsène Bongnessan Yé, le ministre en charge des Réformes politiques, le Comité de suivi et d’évaluation de la mise en œuvre des réformes politiques consensuelles a tenu, du 15 au 22 juin 2012, sa deuxième session ordinaire afin de faire le point après l’adoption des lois de mise en œuvre des réformes politiques consensuelles.

L’heure est plutôt à la satisfaction puisque la plupart, pour ne pas dire, toutes les propositions consensuelles de réformes, du sénat à l’amnistie des anciens chefs d’Etat, en passant par la constitutionnalisation de la chefferie coutumière (celle-ci ne fera pas l’objet d’une loi car déjà constatée par la Constitution), ont été entérinées par l’Assemblée nationale. Et tous les participants, d’Alain Yoda de la majorité à Maxime Kaboré de la « vraie opposition » (selon ses propres termes), en passant par les représentants de la société civile et des communautés religieuses, n’ont pas manqué de manifester leur satisfaction.

Laïcité : « Mieux vaut prévenir que guérir »

La prochaine mission du Comité est l’organisation du débat national sur la laïcité au Burkina. « Mieux vaut prévenir que guérir ! » a justifié Arsène Bongnessan Yé. Même s’il estime qu’il n’y a pas péril en la demeure  ni urgence, le ministre croit néanmoins qu’il est important que tous les  Burkinabè soient situés et informés sur la notion de laïcité de l’Etat burkinabè. Une notion qui doit être renforcée. Il ajoute que c’est une recommandation des assises nationales, les échanges lors de ce processus ayant par ailleurs révélé « des indices assez sérieux » pour organiser ce débat. Argument de poids, enfin, il a parlé « d’un pays voisin », notamment le Mali, où la laïcité est en train de passer un sale temps !

Quant aux modalités pratiques, Arsène Bongnessan Yé a indiqué que le comité est encore à la phase des réflexions. Néanmoins, il a informé que les participants (environ 90) à ce débat seront issus des structures représentatives des composantes religieuses du Burkina. S’y ajouteront les représentants d’associations de jeunes et de femmes et bien entendu, un représentant de l’Etat qui présentera un exposé introductif sur ce que l’Etat entend par laïcité. Le débat est prévu pour se tenir dans la première décade de septembre 2012.

 

Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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