EGYPTE : Mohamed Morsi, portrait d’un Président.

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Ce 24 juin 2012, la commission électorale égyptienne a annoncée dans un climat très tendu, la victoire du candidat des frères musulmans Mohamed Morsi, arrivé en tête du scrutin à l’issue du second tour avec plus de 13 millions de voix. Il devient ainsi le cinquième président Egyptien. Qui est Mohamed Morsi ?

Président aux origines modestes.

Fils de la paysannerie, Mohamed Morsi est né le 20 Août 1951 dans le delta du Nil, plus précisément dans le gouvernorat d’Ach-Chargiya où il a passé son enfance et son adolescence. Agé de 60 ans, il est marié et père de cinq enfants.

Après ses études secondaires, cet ingénieur est admis à l’université du Caire pour y effectuer des études de génie civil, lesquelles études il parachèvera aux Etats-Unis où en 1982 il obtient un doctorat de l’Université de Caroline du Sud.

Engagement politique.

Son engagement politique remonte aux années passées à l’université du Caire où il adhère à la confrérie des frères musulmans.

Depuis cette époque celui qui est depuis le 30 Avril 2011 le président du Parti de la liberté et de la justice (PLJ) (vitrine politique des frères musulmans créé en Avril 2011), a gravi tous les échelons de la confrérie occupant les fonctions de responsable des relations avec le Soudan, de directeur de la section des Affaires étrangères, puis de membre du Conseil de guidance, la plus haute autorité du mouvement. Il est dès lors une personnalité influente, une voix qui compte au sein de la confrérie des frères musulmans.

En 2010 il est directeur de la campagne des élections législatives de la même année où du fait de l’interdiction de la formation politique des frères musulmans, ses candidats se sont présentés en candidature indépendante.

Il est élu député pour la première fois en 2000 et est réélu en 2005, année au cours de laquelle sa confrérie obtient 88 sièges malgré l’irrégularité du scrutin, et au cours de laquelle il sera emprisonné pour sept mois pour avoir participé à une manifestation de soutien à des magistrats réformistes. Il renouera avec les geôles pour un bref séjour au début du printemps arabe qui emporta Hosni Moubarak.

Candidature à l’élection présidentielle de 2012.

Mohamed Morsi n’était pas le « cheval » sur lequel les frères musulmans avaient décidé de parier.

En effet, bien qu’étant le chef du parti, celui qui est aujourd’hui porté à la tête de l’Egypte n’est en fait qu’une solution de rechange suite à l’invalidation de la candidature de Khairat Al-chater pour des raisons de casier judiciaire entaché par une condamnation pour blanchiment d’argent.

Pour ne pas se retrouver donc sans candidat et laisser passer la chance historique d’accéder au pouvoir suprême les frères musulmans ont donc mis en scelle le président du PLJ.

Il est d’abord mal accueilli par l’opinion qui trouve qu’il n’a ni le profil, ni le charisme que requiert la fonction. Au cours de la campagne il s’attèlera à polir cette image et tâchera a se faire passer non comme un représentant d’un catégorie (notamment religieuse) de la population mais plutôt en rassembleur, pour éloigner la crainte d’islamisation agitée par ses opposants.

Il réussit à réunifié l’électorat islamiste divisé du fait de deux autres candidatures dissidentes au premier tour de l’élection et, à rassurer le peuple quant à sa volonté d’être le président de tous les égyptiens.

Le  Rassembleur.

Pendant la campagne électorale, Mohamed Morsi a dit la volonté qu’il a de préserver les acquis de la révolution, sa volonté d’être le président de tous les égyptiens de toutes les couches sociales, de toutes les religions.

Il a promis de ne pas imposer le port du voile aux femmes et pour passer aux actes, on l’a vu poser (dans des affiches de campagne) avec une femmes voilée (voile intégral), une femme sémi-voilée et une femme non voilée comme pour faire ressortir tous les visages de l’Egypte.

Il a également promis de garantir les droits des minorités notamment ceux de la minorité copte (chrétienne) qui n’a pas massivement voté pour lui par crainte d’une islamisation de l’Egypte post Moubarak.

Au-delà de ces déclarations d’intention, et au regard des voltefaces ayant eu lieu en Libye et en Tunisie, bon nombre d’observateurs avertis attendent le passage à l’acte maintenant que les Frères Musulmans sont au pouvoir avant de se faire une véritable opinion.

Youssouf Bâ



Youssouf Bâ

Juriste, Spécialisé en Droit de l'Intégration. Journaliste, Poète.

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Il y a 1 commentaire

  1. Salut apr?s ces punitions divine les catastrophes naturelles la crise financi?re les r?voltes arabe le terrorisme les maladies les accidents naufrage crash d’avion les guerres aux Pr?sidents et Roi de monde entier d’appliquer la charia islamique et de mettre fin a isra?l pour ?viter un cataclysme a l’?chelle plan?taire pire que le tsunami de Japon merci

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