Retraite des députés au Faso : La rescousse !

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Assemblée nationale (ph: burkina24)

Les députés tiennent à leur retraite et apparemment, rien ne leur fera démordre. Le projet a pris la forme d’une proposition de loi et elle a été  soumise au Conseil des ministres qui l’a, semble-t-il, approuvée. Après l’examen des résultats du ballon de sonde lancé il y a quelques mois, on revient à la rescousse !

Pour être éligible à la retraite des députés, il faut désormais avoir 55 ans et ne plus exercer de mandat parlementaire. Ne parle-t-on plus des trois mandats parlementaires qu’il faut avoir obligatoire compilés ? Si oui, cela ne manque pas de susciter des questions : un député élu pour la première fois à la mandature de 2012 et qui a déjà 55 ans, est-il d’office admis à la retraire s’il n’est pas réélu en 2018 ? Une question à laquelle les députés apporteront certainement une réponse lorsqu’ils procéderont au vote (à l’unanimité ?) de la proposition de loi.

Retraite à 55 ans, comme les ouvriers ?

En plus, on ne peut s’empêcher de s’interroger sur cette limite d’âge de 55 ans. 55 ans  correspondent à l’âge auquel les ouvriers sont autorisés à jouir de leurs droits (les cadres à 60 ans, les médecins et profs à 63 ans). Les députés sont-ils donc assimilés à des ouvriers ? Cela, on ne le savait pas !

Ensuite, le gouvernement avance un argument pour défendre les députés. Cette retraite leur permettra d’avoir des ressources à même de les aider à  «  faire face aux obligations sociales et éthiques auxquelles ils ne peuvent se soustraire, même après le mandat ». De quelles obligations parle-t-on ? Et qui les oblige à avoir ces « obligations » ? Il faudrait déjà savoir à combien s’élèvent ces « ressources » et qu’elles ne soient pas si élevées afin que les Burkinabé ne méprisent pas leurs élus quand ces derniers leur diront au sortir d’une session budgétaire que le budget national est déficitaire. Il ne faut pas oublier l’arrivée du Sénat, dans la foulée.

Nul n’est contre le «développement » du député !

« Même après le mandat » ! Cela répond sans doute aux critiques, faites notamment par la presse nationale, sur le fait que la vie du député ne s’arrête pas après l’Assemblée nationale. Les personnes élues au Parlement sont-elles tant aux abois ? Ce qu’un député gagne en cinq ans de mandature à l’hémicycle, et le boulot qu’il exercera certainement après, ne lui permet-il pas de vivre au moins dans la décence jusqu’à la fin de ses jours et comme ses pairs citoyens ?

Nul n’est contre, comme le dirait l’autre, « le développement » du député burkinabé. Mais ce dernier est vu aujourd’hui comme un privilégié qui ne fait que s’accorder inutilement (ou presque) des privilèges alors que celui qu’il représente, le peuple, n’en a aucun, de privilège. C’est peut-être cette image qu’il faut s’attacher à corriger.

 



Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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