Clash entre groupes armés au Nord-Mali : Baliser le terrain en attendant l’intervention de l’armée régulière

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Image:aljazeera.com

Pendant que le gouvernement malien et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se concertent et s’activent à rechercher une solution durable et surtout consensuelle à la question du Nord-Mali, les combattants qui occupent cette partie du pays se font une guerre sans merci pour s’affirmer.

Les islamistes ont infligé, au cours des combats de mercredi 27 juin 2012, une défaite à la rébellion touarègue et ont pris le contrôle de la ville de Gao. Les islamistes du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) règnent désormais en seuls maîtres à Gao après des combats qui ont fait au moins une vingtaine de morts.

En attendant donc une éventuelle intervention militaire de l’armée malienne appuyée par les forces en attente de la CEDEAO, les combats entre groupes armés se mènent à l’avantage de l’unité du territoire malien. D’abord, les islamistes qui sans conteste gagnent du terrain n’ont aucune ambition séparatiste, ce qui pourrait ramener et renforcer l’unité du pays.

Ensuite les rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) subissant des défaites parce que moins armés que leurs adversaires, risquent fort d’être anéantis et de voir leur visions indépendantistes se dissiper au grand bonheur de la réunification du Mali, vers une pacification au second degré.

Enfin, il serait plus adroit pour l’armée malienne de s’attaquer à un seul adversaire face auquel concentrer les forces que d’avoir à faire face à plusieurs ennemis  assez dispersés, dont les objectifs sont aussi disparates que les moyens  logistiques, techniques et l’esprit de combats.

Puis, le gouvernement malien s’accorderait plus les faveurs de la communauté internationale, contre les islamistes qui n’ont pas bonne mine dans les milieux occidentaux, et sont plutôt assimilables et assimilés aux terroristes d’Al-Qaeda. Un réseau que la communauté internationale tout entière combat.

Dans cette partie du Mali, siège également Ansar dine, un autre groupe islamiste proche d’AQMI (Al Qaeda au Maghreb islamique) et pas du tout loin du MUJAO non plus du point de vue idéologie, contrôle plusieurs villes. Cette occupation a créé une situation de fuite majorée des habitants et de pénurie certains produits essentiels, un état de fait qui militera également au détriment des groupes armés combattants.

Les affrontements actuels sont le fruit des tentatives de ralliement avortées entre les deux courants, d’un côté les islamistes  déterminés à faire valoir leurs idéaux, et de l’autre des combattants historiques tenant vaille que vaille à une auto-détermination avec la partition du pays non négociable.

Le danger qui peut poindre à l’horizon serait le regroupement des armements par le vainqueur de ces querelles qui se verrait hyper armé. Mais, une fois les visées indépendantistes anéanties, le combat sera plus aisé à mener pour les autorités maliennes avec le soutien éventuel des Grandes puissances.

Les évènements de ces derniers jours sonnent comme une sorte de défrichage du terrain pour des opérations plus simplifiées de l’armée malienne dont une éventuelle intervention militaire se précise davantage chaque jour.

La médiation entamée par le facilitateur n’a pas grande chance d’aboutir dans un contexte où les belligérants se font toujours la guerre, où la concession semble inexistante. Néanmoins, bonne chance à la médiation.

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