Dégradation forestière au Bukina : le gaz et les reboisements individuels, une alternative

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(Ph : Le Pays)

Environ 110 000 ha à 250 000 ha de superficies forestières sont perdues chaque année au Burkina, selon des statistiques datant de 2000. Les raisons : le climat et, bien entendu, l’action des Burkinabè. L’utilisation à grande échelle du gaz butane et la promotion des reboisements individuels pourraient être une alternative contre cet important facteur de l’avancée du désert.

L’une des principales raisons de la régression du couvert forestier au Burkina est due à l’utilisation  du bois par les populations. Selon une enquête réalisée en  2005 par l’INSD, 90,7% des ménages burkinabè utilisent le bois pour leurs besoins en combustible, dont 100% des populations de Bobo-Dioulasso. Une consommation qui, selon Issa Martin Bikienga, ancien Secrétaire exécutif adjoint du CILSS lors de sa communication au séminaire organisé par SODIGAZ du 3 au 5 juillet 2012 à Ouagadougou, creuse un large trou dans le couvert forestier.  « Le bilan forestier, dit-il, déjà négatif dans 50% des régions, le deviendra pour l’ensemble du pays dans un horizon proche ».

Le reboisement ou la reforestation à grande échelle et collective a été adopté par notamment le gouvernement pour faire obstacle à l’avancée du désert, et corolairement contre la déforestation. Cependant, constate Martin Bikienga, cette technique ne semble  pas avoir d’impact significatif. « Les arbres sont effectivement plantés, mais il n’y  a pas de suivi », commente Martin Bikienga. Il estime que certains reboisements apparaissent comme des effets de mode ou revêtent un caractère publicitaire, délaissant les plants à leur sort une fois mis en terre.

Issa Martin Bikienga, ancien Secrétaire exécutif adjoint du CILSS, actuellement au CIDD (Ph: Le Pays)

Gaz butane et reboisements moins communautaires

Martin Bikienga propose comme solutions la vulgarisation du gaz butane. 73% de la population burkinabè utilise le bois à titre d’énergie dominante. Remplacer cette source d’énergie par le gaz butane serait une grande avancée dans la moindre utilisation du bois. Mais à la date de 2005, seulement 4,8 % des ménages burkinabè utilisent le gaz. Les raisons de cette faible utilisation sont principalement les prix élevés des équipements et du gaz et la raison de sécurité (le gaz butane est toujours vu comme dangereux).

D’où l’ancien Secrétaire exécutif adjoint du CILSS propose un plus grand engagement de l’Etat en prenant notamment des dispositions pour éviter les ruptures d’approvisionnement en gaz, une politique fiscale adaptée aux revenus des populations afin de rendre le gaz butane compétitif par rapport aux autres sources d’énergie, principalement le bois.  Le privé, notamment la corporation des distributeurs et revendeurs de bouteilles de gaz, pourraient aider l’Etat en proposant la vente à tempérament des équipements de gaz et mener des campagnes de sensibilisation dirigées vers les populations pour une utilisation sécurisée du gaz.

Enfin, l’autre alternative à l’avancée du désert serait de commencer à privilégier les campagnes de reboisements individuelles à celles collectives. Le postulat est que des arbres plantés par deux ou trois personnes ont plus de chance d’être arrosés et entretenus que s’ils l’étaient par une centaine ou un millier. Les deux solutions, utilisation du gaz et reboisements plus individualisés, pourraient contribuer à sauver ce qui reste de couvert forestier au Burkina et tutoyer ainsi l’avancée du désert.

 

 



Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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Il y a 1 commentaire

  1. En tout cas je pense que la lutte contre la desertification doit etre la priorite des burkinabes.Souvent on a des associations qui font des reboisements juste pour montrer aux gens non pas pour l’entretien et ?a constitue des depenses inutiles puisque les abres seront abandonnes

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