Axe Banfora-Sindou : 2 heures de calvaire

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C’est à bord de ce véhicule que nous avons effectué le trajet périlleux (Photo B24)

L’axe Banfora-Sindou fait partie des moins pratiqués par les transporteurs routiers. Malgré le besoin de mobilité des populations vers et en provenance de cette ville touristique, trouver un moyen de transport pour s’y rendre n’est pas chose aisée ; c’est ce que nous avons pu constater ce samedi 21 juillet 2012 lors d’un voyage dans cette localité.

Le film d’un trajet périlleux ! Arrivés ce jour-là à Banfora à 15h30 en provenance de Ouagadougou, nous nous sommes dirigés vers ce que l’on a appelé la gare de Sindou. Deux mini cars d’environ 17 places chacun, sont en service pour assurer le trajet, un devrait bouger à  16h et l’autre entre 18h et 19h.

Nous avons préféré embarquer à bord du premier car dans l’espoir bien entendu d’arriver un peu plus tôt, et ce fut le cas mais à quel prix ? A ce que l’on dit, le tronçon ne devrait pas être assez praticable, comme la plupart des routes non bitumées qui sont légion dans les zones reculées du pays, en saison des pluies.

A bord de ce mini car de 17 places, nous étions 23 dont trois sur le toit du véhicule. Surcharge, oui il y en avait à l’intérieur comme à l’extérieur, et cela donnait l’ambiance d’un parc d’animaux. A l’intérieur, peut-être compte tenu de la surcharge annoncée, personne ne pouvait faire un mouvement ! Nous étions, autant de femmes que d’hommes, coincés les uns contre les autres.

Un laissez-passer de 1000 F CFA

A peine nous avons quitté la ville de Banfora en direction de la destination, nous fûmes interceptés, ou du moins notre car fut arrêté par deux policiers dans leur contrôle routinier. Ceux qui sont conscients de la gravité de la surcharge étaient tout d’un coup pris de peur. Mais tenez vous bien, il a simplement suffi de glisser 1000 F CFA à un des flics en service pour reprendre la traversée.

Seulement, les passagers qui étaient sur le toit du véhicule sont priés de trouver une autre place. Ils se sont accrochés à l’arrière du véhicule juste le temps de se mettre à l’abri du regard des hommes en treillis pour se percher à nouveau sur un lot de bagages dont certain, par moment et sous la loi de la pesanteur, se retrouvent au sol.

Pendant ce temps, à l’intérieur, régnait un silence mortuaire. Seuls, se faisait sentir le grincement saccadé et perpétuel du tas de ferraille mal raccordé, des barres de fer mal soudées, les sièges mal fixés et qui menacent de céder sous le poids du toit. Par intermittence, quelques voix de femmes étaient également perceptibles. Elles semblaient plus habituées à la situation.

Voyage dans un cercueil ambulant

Un vieux très coincé contre les parois du car voyait sa tête cogner les bordures à chaque secousse et au fur et à mesure que le véhicule tanguait sur cette surface dégradée par endroit par l’eau ruisselante.

En effet, la route, malgré son état, semblait plus en état que le véhicule lui-même ; celui-ci devrait être à la casse. Déséquilibré, désaxé et incliné plus d’un côté que de l’autre, sièges détachés, ce car est plus un cercueil ambulant  qu’un moyen de transport moderne. Mais, avait-on le choix ? L’essentiel nous sommes arrivés à destination sains et saufs.

Sur tout le trajet périlleux, nous rencontrions en provenance de Sindou, et tout comme en partance,des motocyclistes seuls ou à deux. Eux, étaient visiblement plus en sécurité que nous sur cet axe. Au bout de 2 heures de route (pour 45 km environ), sonne la fin du calvaire, un soulagement certain, plutôt d’avoir pu se tirer d’un danger aussi imminent que d’être à destination.

Peut-être, disent certains, la seule occasion est une aubaine. Ce car appartient à un particulier qui en possède deux qu’il a mis sur la route Sindou-Banfora. L’état du véhicule que nous avons emprunté ce jour-là témoigne également, nous l’avons constaté, du système de gestion mis en place par ce dernier.

Renforcer la politique d’aménagement des zones reculées

Propriétaire des cars, il en est gestionnaire, comptable, superviseur, chauffeur aussi ; ce qui crée un désordre évident. Mais une chose est sure, il fait toujours le plein à chaque voyage, faute d’alternative pour les passagers.

Cet état de fait, explique la plupart des gens, est lié à l’état de la voie, que nous avons trouvé plutôt acceptable malgré la saison pluvieuse. L’état de cette route peut être à l’origine, mais il faudrait aussi davantage renforcer la politique d’aménagement des zones reculées, et de promotion des sites touristiques nationaux.

Ils sont nombreux ces villes et villages inaccessibles à certaines périodes de l’année, faute d’un réseau routier efficace et de routes praticables. Les transporteurs routiers étant des commerçants, ils ne s’aventurent que là où  il y a moins de risque à défaut d’une situation de risque zéro. L’Etat gagnerait à assurer une liaison routière sure des villes et villages afin d’atteindre le développement durable tant chanté.

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